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En mode majeur

Philippe Katerine version symphonique ? La bonne blague ! Or, si on y réfléchit, ça fait sens. Au mitan des années 1990, Miossec, Dominique A et Katerine incarnent chacun à leur manière un renouveau de la chanson française : des mousquetaires pour de rire, avec une façon d’appréhender la musique en dedans, en retrait, en sous-main. Or, Miossec en 2003, puis Dominique A, en 2024, se sont tous les deux frottés au grand orchestre – pour le meilleur. Ne restait que le troisième larron. Oui, mais… Katerine, c’est quoi ? À ses débuts, une chanson post-rive gauche mâtinée de bossa, puis la désertion vers l’inconnu, l’électronique, le rap, avec une candeur digne d’un Charles Trénet. Et c’est là que c’est intéressant : comme chez le Fou chantant, les morceaux de Philippe Katerine révèlent parfois, sous la rigolade de façade, une profondeur noire. C’est – peut-être – ce que s’est dit le contrebassiste et arrangeur Lucas Henri en les réorchestrant : ainsi, le tube Louxor, j’adore prend des reflets de péplum. On retrouve des mélodies entêtantes et on y découvre mille et un détails, tandis que le chant de Katerine, souvent fragile, mais toujours juste (ou l’inverse) fait gentiment dérailler l’ensemble. Ou comment conserver son charme brinquebalant.

Thibaut Allemand / photo © Ronan Thenadey
Concert(s)
Philippe Katerine Symphonique
Charleroi, PBA
06.10.2026 à 20h0070 > 30€
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