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Par instants, le sol penche bizarrement Carnets d’un traducteur

Robert Laffont
Robert Laffont

À le lire, Nicolas Richard pratique le plus beau métier du monde. Cet ouvrage inclassable, au si joli titre, n’est pas loin de nous en convaincre ! Nicolas, donc, est traducteur. Du genre à s’atteler aux formes les plus retorses (bien qu’à divers degrés toujours populaires) des lettres anglo-saxonnes. Cette fois, il traduit son rapport à ces textes à travers une vaste sélection jalonnant son copieux et éclectique parcours, avec l’envie contagieuse de nous voir foncer chez le libraire armés d’une liste longue comme le bras. Pour chacune des plumes choisies, il nous explique avec gourmandise ce qui l’a animé, sans jeter le voile sur les difficultés voire les insatisfactions rencontrées, installant un échange ludique avec le lecteur. Jusqu’à l’ultime chapitre sur l’autobiographie de Barack Obama, qui se révèle digne d’un thriller, l’expert en charades sort de ses tiroirs des réflexions souvent désarçonnantes, toujours stimulantes. On le quitte avec l’envie de se (re)plonger dans les eaux troubles de Thomas Pynchon, la poésie surréaliste de Richard Brautigan, les jeux pervers de Miranda July ou les labyrinthes de Valeria Luiselli – et pourquoi pas de s’essayer soi-même à cet exercice captivant.

Rémi Boiteux

486 p., 22,90 €.

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