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Syd Barrett, le rock et autres trucs

Le Mot & Le Reste

Inutile de retracer le bref parcours de Syd Barrett, génie brisé de Pink Floyd, brûlé aux acides et au Mandrax à 22 ans. S’ensuivront deux albums (indispensables) dans les seventies et la mort (physique) en 2006. Qui ne surprit pas – après tout, il était déjà parti. Son histoire, aussi triste que fascinante, a fait l’objet de moult ouvrages. Pourquoi évoquer celui-ci ? Car il ne s’agit pas à proprement parler d’une biographie. Oh, Espitallier est un fan du natif de Cambridge, et ce livre dépeint cette vie chaotique. Mais là n’est pas l’essentiel : le Français emprunte une autre voie pour évoquer son idole. Intime, sa prose éminemment littéraire se penche sur son propre rapport au songwriter (le fil rouge étant sa rencontre “manquée” avec Syd) et, n’oubliant pas le collectif (vous, nous), interroge la mythologie du rock et la fascination pour le tragique. Il s’intéresse aussi à la réception (et au souvenir) des sixties dans la mémoire populaire. Dressant un judicieux parallèle entre Barrett et Rimbaud, il achève sa quête en passant en revue tous les disparus, de Bettie Page à W. De Kooning, de Greta Garbo à Ambrose Bierce, au fil de pages s’effaçant peu à peu – au sens propre. Parfait. 160 p., 15 €.

Thibaut Allemand
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