General Elektriks
Monsieur 100 000 volts
Ce n’est pas tant l’actualité discographique de General Elektriks qui nous branche, mais plutôt les apparitions scéniques qui lui sont consécutives. Du groove un peu intello qu’il enregistre en studio, Hervé Salters tire sur les planches un funk brûlant. Et devinez quoi, il a récemment sorti un album !
To Be a Stranger est le titre de ce quatrième disque. Une référence sans doute à la bougeotte de l’homme qui a choisi le nom d’une compagnie d’électricité : successivement Parisien, Londonien, San Franciscain et fraîchement atterri à Berlin. Cette figure de l’ombre fut un prolifique partenaire de studio et accompagna sur scène quelques têtes d’affiche (M, Femi Kuti, Blackalicious…) avant de publier, depuis la Californie, le flamboyant Good City For Dreamers en 2009. La réputation de génie des claviers vintage, doublée d’un titre de showman cravaté était en marche. La griffe de General Elektriks, c’est bien sûr le Clavinet, ce clavier emblématique des seventies, prisé autant par Stevie Wonder, Led Zeppelin que Kool & The Gang (et aussi Teri Moïse pour Les Poèmes de Michelle). Sur scène, Hervé Salters n’a rien d’un claveciniste appliqué, il martèle son instrument fétiche comme une percussion tribale et dévergonde avec malice ses compositions un poil sophistiquées. Face au public, notre homme s’électrifie et son groove se déploie avec exubérance, non sans quelques nuances. Un « boogie anguleux » contre lequel on se cogne avec plaisir.



