Etienne Jaumet
Le visiteur du soir
Etienne Jaumet est, avec Daft Punk et Jean-Michel Jarre, le seul musicien français que puisse citer John Carpenter. On exagère : le maître de l’horreur évoque surtout son groupe, Zombie Zombie. Sauf qu’Etienne Jaumet, c’est bien plus que ça. Beaucoup, beaucoup plus…
Généralement, pour faire (trop) simple, on rappelle qu’Etienne Jaumet est la moitié de Zombie Zombie, et l’affaire semble pliée en quarante-quatre signes. Mais on passe à côté de l’essentiel. C’est-à-dire tout le reste : la carrière d’un Nordiste, saxophoniste de formation, devenu musicien archi-couru, compositeur inspiré, et rarement là où on l’attend. À propos, quel est le lien entre Flóp, Chateau Marmont, The Married Monk, Richard Pinhas, James Holden ou Frànçois & The Atlas Mountain ? Tous ont, un jour où l’autre, collaboré avec le binoclard joufflu. Or, Jaumet s’avère encore plus passionnant en solitaire : ce fondu de claviers analogiques antédiluviens a signé deux LP’s parus chez Versatile, dont l’excellent La Visite (2014), mariant krautrock dessalé, rythmes tribaux et techno classieuse. En fait, Etienne Jaumet incarne (avec d’autres) un joli paradoxe electro. Musique de danse – donc souvent rattachée à un certain hédonisme, une certaine idée de la jeunesse – la techno arbore souvent le visage de ses jeunes pousses. Le quadra Jaumet, lui, demeure un érudit, mais ne transige jamais avec l’émotion. Cérébrale, sa musique l’est sans aucun doute. Mais elle s’adresse également aux pieds et aux hanches – ce qui, sur un dancefloor, est bien le plus important, non ?
13.06, Mons, Alhambra, 20h, 10€,
01.08, Aulnoye-Aymeries, Les Nuits Secrètes, La Bonaventure, 10,99€





