Grover Lewis
Le cinéma infiltré
Capricci« Les petits divertissements hollywoodiens ont défini les contours d’une époque, transformé la nation en une communauté d’expériences partagées. Nous avons tous appris les codes de l’amour et de la guerre au cinéma ». Il faut attendre les derniers textes de ce superbe recueil d’articles de Grover Lewis pour que la mélancolie perce et s’installe. L’Américain avoue alors son rapport intime au cinéma. Sa tristesse aussi d’un Hollywood disparu – celui de Griffith ou du producteur Harry Cohn. Avant cela, c’est le bouillonnement et la folie des tournages que sa plume, toujours alerte, saisit. On croise au fil des reportages au long cours – publiés dans les Rolling Stones et Playboy de la grande époque – Sam Peckinpah, Milos Forman, Robert Mitchum ou Steeve McQueen. Sans compter le petit peuple du cinéma, figurants, acteurs plus ou moins sur le retour, producteurs et autres jeunes filles attirées ou pourchassées par les équipes de tournage. Les anecdotes croustillent, les bons mots s’empilent. Mais c’est surtout le style qui séduit. Sobre, précis. Lewis était capable des plus élégantes descriptions comme de s’effacer pour laisser la parole aux gens rencontrés. Un auteur précieux, donc.
248 p., 19€



