The Smell Of Us
Youth, sex, drugs & rock’n’roll
Des skates, des ados nus, du rock. Pas de doute, voilà le nouveau Larry Clark. Depuis Tulsa (1971), son premier recueil de photographies, l’homme se tient au plus près d’une jeunesse aussi désœuvrée que rongée par le désir. Mais, en quittant les états-Unis pour Paris, il a fait de ses kids des anges déchus.
Retour en gloire pour Clark, après un Marfa Girl (2012) en demi-teinte, et diffusé uniquement en ligne. à l’époque, le cinéaste présentait cela comme un doigt d’honneur à l’industrie. Et une manière de toucher directement les jeunes. Il semble qu’il se soit ravisé. Son dernier long-métrage retrouve les salles obscures. Et vise le grand art. Clark cherche ici moins à documenter la vie qu’à la fantasmer. Ou, mieux : à rendre poreuse la distinction entre réel et imaginaire. Pour cela, il convoque autant Gérard de Nerval que la peinture italienne ou l’art contemporain. Tourné à Paris, le film se déroule dans les beaux quartiers et au Palais de Tokyo. Ses héros sont des skateurs. Des enfants de riches qui se prostituent ou rackettent. Cela semble d’abord une mauvaise greffe entre le « réalisme » de Clark (Bully était adapté d’un fait divers) et un désir de mythologie. Mais, plus que de raconter une histoire, il y a l’envie d’immortaliser des postures, des visages. Aux corps ravagés des adultes, Clark oppose le rose des joues, la blancheur laiteuse des peaux des ados. Apparaissant en clochard, Clark se murmure « souviens-toi que tu vas mourir », tout en célébrant la vie. Ce qui fait de The Smell of Us un poème doux et déchirant.
De Larry Clark, avec Lukas Ionesco, Diane
Rouxel, Théo Cholbi, Larry Clark… En salle.





