Drugs kept me alive
5 questions à Antony Rizzi
Jan Fabre / Antony RizziC’est une balade dans un paradis artificiel, prescrite par Jan Fabre pour Antony Rizzi. Des dizaines de flacons de pilules encerclent le performer, arène où il mène un combat pour la survie de son corps malade, envers et contre tout. Inspirée de la vie du danseur américain, qui lutte à coups de substances diverses pour vivre avec sa séropositivité, la pièce oscille entre douceur et ironie cruelle.
Comment avez-vous rencontré Jan Fabre ? J’avais 27 ans et je travaillais aux Ballets de Francfort. J’ai passé une audition pour lui sans savoir qui c’était. À l’époque, je n’avais plus envie de danser, je pensais avoir atteint une sorte de palier. Cette rencontre a tout changé. Elle a redéfini mon approche de la danse, mon engagement… tout.
Comment vous a-t-il présenté ce projet ? Je suis arrivé le premier jour sans savoir ce qu’on allait faire. Il a commencé à me poser des questions sur les médicaments que j’ingurgitais, si j’avais expérimenté certaines drogues. Il m’a questionné sur mes rêves et mes désirs. Sur la façon dont je vivais, ma réaction quand j’ai appris ma séropositivité. À partir de mes réponses, il a écrit un texte, le monologue qui est au cœur du spectacle.
Comment avez-vous travaillé ? Le premier défi, était d’apprendre les 20 pages de texte, moi qui ne suis pas comédien. J’y parle de l’usage des substances à avaler pour rester en vie, de leur effet sur mon corps. Le texte et nos discussions ont spontanément généré des mouvements.
De quoi parle la pièce ? D’un combat. Dans le spectacle je passe par des hauts et des bas, de l’enfer au paradis, tout le temps, comme dans la vie. Dès lors, j’ai appris à composer avec l’enfer mais aussi à vivre avec mes faiblesses et transformer le négatif en positif.
Une révélation en quelque sorte ? Oui. Car il s’agit aussi de se sauver en s’empoisonnant ! Les substances chimiques que j’avale sont le poison nécessaire pour continuer à vivre*.
* en anglais « drugs » désigne à la fois le médicament et la drogue. Dans la pièce les deux côtés du mot sont explorés.
Programmé dans le cadre de la carte blanche 100% Lisbeth Gruwez. A lire aussi le portrait de Lisbeth Gruwez.
Programmé dans le cadre de la carte blanche 100% Lisbeth Gruwez, programmation complète sur : www.tandem-arrasdouai.eu



