Guérillero potager
Dans une vidéo postée sur Facebook, on le voit jardiner autour d’un arbre bordant la rue Brûle-Maison, en face de la CAF de Lille. Encagoulé, il lance à des policiers, intrigués : « C’est le Front de Libération de la Pomme de Terre. On plante des patates messieurs ! Des armes d’alimentation massive »… Une envie de se prendre le chou ? Non. Julien Pilette est un guérillero potager. Rencontre en terrain connu.
Il crée des mini-jardins urbains un peu partout en ville. Au pied des arbres, sur des friches… Bref, il aide la nature à reconquérir la cité. Voilà un an que ce Lillois de 35 ans a initié le collectif « Guérilla potagère ». Le principe ? « Se réapproprier de la terre dans les espaces publics pour y cultiver de l’alimentation locale et non marchande ». La municipalité le laisse faire, tant qu’il jardine des endroits non-entretenus et non-pollués.
Marketing altermondialiste
Il a découvert ce concept via le mouvement Incredible Edible (Incroyables comestibles), lancé à Todmorden, une petite ville anglaise coincée entre Manchester et Leeds. En 2008, trois Anglaises y ont eu l’idée de transformer les espaces publics en potagers accessibles à tous. Un art de vivre qui a germé aux quatre coins de la planète. Jusque dans la tête de Julien donc, qui se définit volontiers altermondialiste. Ce qui ne l’empêche pas de maîtriser les codes de la communication. « Incroyable comestible, ça ne me plaisait pas. Je suis très marketing. Guérilla potagère, ça parle plus et ça me fait marrer ces deux mots qui se télescopent ». Un sens de la mise en scène et de la formule qui lui a valu de s’attirer les faveurs des médias nationaux (TF1, M6). Depuis il a créé un blog et ouvert une page Facebook qui compte désormais un peu plus de 500 dangereux guérilleros prêts à en venir aux mains. Vertes, bien sûr.
Plus d’infos sur les potagers urbains avec Potage-toit et Françoise Dubost .
A voir : Guérilla potagère, Lille, www.guerillapotagere.org & sur Facebook



