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Un certain cachet

Timber Timbre © DR

Une musique cinématographique et un cinquième album, Hot Dreams, reflètent le penchant de Timber Timbre pour les mystères non résolus, les sacro-saints rituels. À croire que la ferveur et les tourments personnels forgent les bonnes œuvres. Ni James Ellroy, ni David Lynch ne diraient le contraire.

Les néons et projecteurs répandent une lumière grenat jusque dans les recoins de la salle. Cette mise en scène feutrée souligne la soif du trio canadien pour les histoires étranges, sacrées et la passion de Taylor Kirk, chanteur-guitariste, pour le 7e art. Un clair-obscur musical qui renvoie autant aux routes désertiques nord-américaines qu’à une petite église paumée dans la forêt canadienne. Une curiosité piquée par la lecture de la Bible et l’écoute du blues et du folk originels. Ainsi, ses chansons s’inspirent entre autres du Nouveau Testament : les troubles liés à la possession par le diable (Demon Host) ou les métamorphoses toutes puissantes de la nature (Like A Mountain). La voix ronde, grave et chaude de Kirk évoque le baryton Stuart Staples (Tindersticks) quand l’orchestration reste économe. Mais une basse nerveuse suffit à mener les impulsions vocales au bord du… Suicide (Magic Arrow). Une guitare chevillée au corps, une autoharpe sortie des sous-bois humides, un saxophone, voilà les ressorts d’une musique peuplée de fantômes en devenir. Dans la pénombre, le trio canadien offre un moment à couper le souffle, si singulier qu’on renonce d’ordinaire à le décrire. Essayons donc… Habité, saisissant, magnétique.

 

Florian Koldyka
Concert(s)
Timber Timbre
Bruxelles, Botanique/Orangerie

Site internet : http://www.botanique.be

03.04.2014 à 19h30Complet !
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