Nass Belgica
Aller Simple
À l’occasion du cinquantième anniversaire du traité planifiant le départ d’ouvriers marocains vers la Belgique, l’exposition Nass Belgica (les gens de Belgique en dialecte marocain) détruit les clichés sur l’immigration maghrébine.
Alors que l’Europe occidentale traverse une grave crise identitaire, « Il était important de rappeler ce que nous a apporté notre immigration » souligne Ahmed Medhoune, commissaire de l’exposition. De nombreux Marocains ont combattu en France et en Belgique lors des deux guerres mondiales. Mais beaucoup de ces hommes ont avant tout participé à la bataille du charbon peu avant le déclin des grands bassins houillers. Le parcours démontre aussi que la Belgique subissait alors les prémices d’une grave crise démographique, compensée par le regroupement familial. à l’étage, un pertinent travail d’archives papier et vidéo met en exergue le racisme d’alors, tels ces recrutements lapidaires ou ces bars interdits aux étrangers.
Une humiliation et une chance
Au rez-de-chaussée, divers artistes issus de l’immigration donnent une note plus contemporaine à cette histoire. Les voitures-cathédrales de Thomas Maillane rappellent qu’avant l’essor des compagnies low-cost, le retour au bled lors des congés estivaux s’apparentait à une réelle expédition. Après les salons du Botanique, Nass Belgica migrera en Wallonie, en France et au Maroc. « On veut aussi changer le regard des Marocains sur leur diaspora, poursuit Ahmed Medhoune. L’exil se raconte difficilement et peut être vécu comme une humiliation ou une perte d’identité. Mais c’était également une chance ! Ces émigrés ont largement participé au développement du Maroc par un phénomène de transferts de fonds en investissant notamment dans l’immobilier. »






