Home Musique Disclosure

Royal Babies

Au royaume des musiques électroniques, le premier album de Disclosure a réveillé les souvenirs moites des pionniers house en invitant une nouvelle génération à rejoindre la salle de bal. Cet été, Settle a touché le Saint Graal – la première place des charts britanniques – auquel s’agrippaient Daft Punk et Queens Of The Stone Age.

Comment expliquer le succès fulgurant des frères Lawrence (quarante ans à eux deux) ? En observant la formule élaborée depuis le studio qui leur sert aussi de chambre. Ils reconnaissent avoir beaucoup écouté SBTRKT , James Blake ou TEED, s’entraînant inlassablement à recopier les beats des uns et des autres. Puis, le duo s’émancipe et affiche ses intentions : composer des morceaux destinés aux clubs reposant sur une structure pop. Leurs séquences house old-school sont systématiquement portées par des couplets et un refrain enivrants. Pour couronner le tout, les fers de lance d’une certaine école britannique se bousculent pour y donner de la voix : Aluna Francis, Jessie Ware, London Grammar, Jamie Woon… Résultat, les productions habiles du tandem squattent rapidement les playlists des radios et remportent les faveurs d’un large public. Ajoutez à ceci le soutien indéfectible d’Annie Mac (sorte de Bernard Lenoir du dubstep) ou de Joe Goddard (Hot Chip), toutes les conditions furent réunies pour l’intronisation de Disclosure l’été dernier. En tournée, Guy et Howard ne se contentent pas de singer leur album. Ils sortent les guitares pour donner du relief à leurs beats féroces et filer une raclée aux canons de la dance music.

Nicolas Pattou / Photo : Phil Sharp
Articles similaires