Les Apaches
Tête de Maure
Thierry de PerettiSud de la Corse, une nuit d’été, cinq jeunes locaux s’introduisent dans une villa. Le jour même, l’un d’eux l’avait nettoyée avec son père avant l’arrivée des estivants ; riches, et parisiens. Avant de quitter les lieux, grisée par des rasades de bourbon, la bande vole la chaîne hi-fi de la maison. Et des fusils.
C’est le premier long-métrage de Thierry de Peretti, mais à n’en pas douter, ce ne sera pas le dernier, au vu du talent à l’oeuvre ici. Cette histoire tragique inspirée d’un fait divers témoigne d’une grande force de narration. Ses personnages pétris de contradictions, très rapidement dépassés par les conséquences de leur petit larcin sont de ceux qui font les grands films. Prêts à tout pour éviter la colère des adultes, jusqu’au meurtre… qui revêt d’ailleurs la forme d’un sacrifice de leur adolescence. De contradictions, il est également question dans la forme, solaire mais sombre, tout en tensions mais construit sur de longs plans séquences. Contradictions enfin dans les paysages entourant Porto-Vecchio : magnifiques, mais lentement colonisés par des villas réservées à ceux qui peuvent se les offrir… Extrêmement bien mené et cadré, Les Apaches laisse une forte impression. Sans dévoiler l’intrigue, notons simplement que chez Sergio Leone, le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Ici, les mêmes possèdent les fusils et se salissent les mains, dans tous les sens du terme, creusant une tombe sous un soleil de plomb. L’une des images fortes de cette réussite absolue.
avec Aziz El Haddachi, Hamza Meziani, Joseph Ebrard, François-Joseph Culioli et Maryne Cayon







