Bazar Belge
De bien belges oeuvres
Le paysage audiovisuel du plat pays comporte quelques sommets. Parmi eux, Claude Blondeel. À l’heure de prendre sa retraite, cet érudit truculent présente en un même ouvrage, et une exposition, ses cent œuvres d’art belges favorites. Un joli foutoir ? Un bordel organisé ? Non. Un Bazar belge, tout simplement.
Avant d’entrer, un mot sur son inspirateur, pour ceux qui n’auraient jamais écouté Radio Klara. Fils d’une néerlandophone et d’un francophone, le journaliste, critique d’art et écrivain Claude Blondeel incarne en quelque sorte le rêve de l’union belge. Ce parcours éminemment subjectif en est la preuve. La promenade s’ouvre sur une grande photographie d’Albert II et de la reine Paola. Ironie du sort : sur le trône à l’ouverture de l’exposition, le roi a depuis abdiqué, et cette image relève désormais d’un passé récent. Inutile de chercher un quelconque Brueghel ici, Blondeel étant surtout attiré par la modernité. L’oeuvre la plus ancienne est une marine signée James Ensor, et l’on découvre ensuite le peintre, filmé à Ostende en 1920 – en fait, un faux, réalisé avec des comédiens. Car ce bazar belge ne serait pas complet sans ce « sens de l’humour, de l’absurde et de la dérision », insiste le commissaire. On ne s’étonne pas, alors, de croiser Noël Godin et Anne Teresa De Keersmaeker, Magritte et Gaston Lagaffe (« bien plus subversif que Tintin ») avant de saluer Arno reprenant Léo Ferré – Comme À Ostende, bien sûr.
bazaar belgië
Jusqu’au 29.09, Bruxelles, Centrale For Contemporary Art
Site internet : http://www.centrale-art.be
Mardi > Dimanche, 10:30 > 18:00



