Aufgang
Futur classique
Depuis 2005, Aufgang dresse un pont entre musique classique et techno. Le trio cosmopolite, (un Libanais, un Luxembourgeois, un Français) fut l’une des nombreuses révélations de l’excellent label Infiné. Aufgang poursuit son irrésistible ascension avec Istiklaliya, nouvel album qui lorgne plus encore du côté de la techno et surtout des da ncefloors. Rencontre avec le batteur, Aymeric Westrich.
Quelle est la genèse d’Aufgang ?
Nous nous sommes rencontrés en 2000, à New York, durant nos études. Rami Khalifé et Francesco Tristano m’ont initié aux musiques électroniques. New York était plutôt un bon terrain de découvertes. Nous sortions souvent, notamment au Vinyl où Danny Tennaglia avait une résidence et nous a bien « formés ». Le minimalisme de Plastikman m’a aussi beaucoup influencé. Votre premier album est paru en 2009.
Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps ?
Nous n’avons pas fini nos études en même temps, et nous étions très pris par nos projets respectifs. Pour ma part, je bossais sur le premier album de Kery James, Si C’était À Refaire (ndlr. 2001). Mais Aufgang existait tout de même et en 2005, on a joué notre premier live, au Sonar à Barcelone.
Vos influences sont très vastes : musique classique, jazz, techno, rock…
C’est vrai. On nous décrit parfois comme un groupe de fusion, au sens jazz du terme, mais cela ne nous convient pas vraiment. En dépit de notre background classique, Francesco et Rami sont passionnés par le rock et moi, par le hip-hop. Aufgang réunit toutes ces influences.
Qui fait quoi dans Aufgang ?
Rami et Francesco sont pianistes de formation, moi batteur. Pour les arrangements et la composition, il n’y a pas vraiment de fonction définie, nos rôles sont presque interchangeables. Sur le dernier LP, Rachel’s Run est le seul titre que l’on ait composé d’une traite. Pour le reste, nous réassemblons différentes sessions. Nous utilisons l’ordinateur pour séquencer des parties rythmiques, créer des boucles… C’est un quatrième membre, en quelque sorte.
Quelles leçons avez-vous retenues du Conservatoire ?
Un certain amour de l’écriture. La musique électronique offre d’autres perspectives et plus de libertés que le milieu classique, qui demeure très conservateur. Mais il ne faut pas caricaturer : beaucoup de musiciens classiques apprécient Aufgang. Istiklaliya est plus dansant encore que vos précédentes productions… Notre premier album (ndlr. Aufgang, 2009) parut trop rigide à certains. Ici, on a voulu conserver la spontanéité,mais faire quelque chose d’encore plus direct, de plus dansant. Un album avec plus de montées ! (ndlr : Aufgang signifie élever en allemand).
Quelle est la signification de Istiklaliya, d’ailleurs ?
C’est un mot que l’on trouve très joli. Il signifie indépendance en arabe. On l’avait choisi il y a longtemps et contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a rien de politique, aucun rapport avec le Printemps arabe. C’est juste pour la beauté phonétique, et ce qu’il évoque. À propos d’indépendance, pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre label historique, Infiné ? C’est une belle histoire. Nous les avons rencontrés en 2005, à Barcelone, à l’occasion de notre première date. Francesco les connaissait déjà un peu. Le label n’était pas encore lancé et notre maxi devait d’ailleurs en être la première référence. Mais comme on a un peu traîné, il en fut la deuxième. On ne s’est pas quitté depuis
24.04 Lille, L’Aéronef, 20h, 17/13€,
www.aeronef-spectacles.com
11.05, Bruxelles, Cirque Royal, 19h, 20/17/14€,
www.botanique.be, www.cirque-royal.org









