Epidermiques 2
Au fil de l'aiguille
La scène se déroule à Béthune l’été dernier : l’association Kraft annonce l’ouverture d’épidermiques, sa nouvelle exposition sur le tatouage… et essuie aussitôt plusieurs plaintes. « Protégeons nos enfants ! » hurlent des parents furieux. Mais après quelques jours, ceux-ci se rétractent tous. Pourquoi ?
« En jugeant sur pièces, ils ont compris qu’il n’était pas question d’une bête incitation à la modification corporelle », se souvient, un peu navrée, la commissaire d’exposition Blandine Roselle. Aujourd’hui présenté à Lille, ce projet réunit une trentaine de grands noms du milieu (Mike Giant, Alex Binnie ou le Lillois Greg Briko), mais aussi des illustrateurs, plasticiens, photographes… Ainsi, épidermiques pointe habilement les échanges entre art contemporain et tatouage. On trouve toutes sortes de curiosités : ici, un Christ blanc recouvert d’un motif organique (Christ de Jean-Luc Moerman) ; là, une fresque vidéo valorisant la diversité des styles (L-ink de Lydie Jean- Dit-Pannel)… Tribal, réaliste, abstrait ou même biomécanique, le tattoo est décliné sur tous les supports. Au fil d’un accrochage divisé en six sections (l’atelier, le tatoué, la prison, la religion, le féminisme…) l’histoire remonte doucement à la surface. Petit à petit, les liens avec l’art contemporain s’affinent (Curatordeus d’Enrique Marty). Alors, pour le repaire d’anciens taulards, de prostituées et les clichés en général, on repassera. En revanche, cette exposition constructive nous aiguille autant vers la galerie d’art que vers le salon de tatouage.






