Expo Madame Grès
De la couture à la sculpture
Un peu trop oubliées, les robes de Madame Grès continuent d’inspirer nombre de créateurs contemporains. Cette rétrospective rend hommage à la couturière prodige parisienne, acclamée en son temps mais qui finit ses jours dans l’indifférence.
Un style : minimaliste. Un matériau : le jersey de soie. Mais surtout une technique, le pli très serré, qui devint sa marque de fabrique jusqu’à prendre son nom : le pli Grès. En 50 ans de carrière, Germaine Krebs a marqué de son empreinte la mode contemporaine. Les 80 vêtements emblématiques exposés au MoMu sont là pour nous le rappeler. Drapés virtuoses d’inspiration hellénistique, découpes sensuelles et teintes monochromes, les robes fourreaux et tailleurs de la couturière étonnent par leur modernité – Azzedine Alaïa ou Jean-Paul Gaultier vénèrent ses collections. Pourtant, « Je voulais être un sculpteur. Pour moi, c’est la même chose de travailler le tissu ou la pierre » répétait Madame Grès, épouse du sculpteur Serge Czerefkov. Bannissant le fil et les aiguilles, c’est directement sur ses modèles (dont Edith Piaf ou la princesse Grace de Monaco) qu’elle façonne l’étoffe et construit ses volumes. Déjà présentées en 2011 au musée Bourdelle à Paris, ses créations trouvent cette fois un écho dans les oeuvres du plasticien belge Renato Nicolodi, concepteur de la scénographie. Des clichés de Cecil Beaton ou Henry Clarke complètent la rétrospective du MoMu, qui réhabilite enfin une créatrice dont le nom ne renvoie plus, pour beaucoup, qu’à un parfum mythique : Cabochard, de Grès.
+32 (0)3 470 27 70, www.momu.be









