Le Péril Jeune
C’est rarement sans un frisson qu’on entre dans une institution psychiatrique. Au Musée du Dr Guislain, sis dans l’hôpital du même nom, ce frisson renforce l’impact des expositions. Cette institution hors normes présente jusqu’en mai Dangereusement jeune, une méditation artistique sur l’enfance en souffrance.
Joseph Guislain, médecin humaniste, conçut l’hôpital psychiatrique de Gand comme un « lieu de repos agréable », aéré et sans grilles. Cette ouverture perdure au sein de l’établissement, qui intègre un musée de la psychiatrie et organise des expositions de calibre international. « Nous voulons coller à l’actualité, explique Patrick Allegaert, directeur artistique. Il y a ici, comme en France, un débat sur les troubles juvéniles : autisme et hyperactivité. Or beaucoup d’artistes ont des choses à dire sur la souffrance infantile. » De fait, Dangereusement Jeune en impose par le casting pléthorique, de Paul Klee à Banksy en passant par Diane Arbus, Désirée Dolron et bien d’autres.
Show troublant
Dans une scénographie sombre, oppressante, l’image de l’enfant fait office de fil conducteur insoupçonné entre des univers plastiques aussi divers que le réalisme social, les arts premiers ou la scène contemporaine. Faisant fi des questionnements prévisibles et des thèses rassurantes, Dangereusement Jeune tourne vite à l’expérience troublante, voire chaotique malgré la construction réfléchie de l’expo. Certaines pièces, comme la layette confectionnée avec des pansements sales par Ilse Roman, les portraits de gamins sniffeurs de colle de Sergueï Bratkov, ou la fillette misérable peinte par François Thévenot, sont poignantes. Loin des « verts paradis », l’enfant s’y dessine comme l’être le plus vulnérable à la démence du monde.
Gevaarlijkjong /Dangereusement jeune jusqu’au 20.06, Gand, Musée du Dr Guislain, mar>ven, 9h>17h, sam & dim, 13h>17h, 6/4/1€, +32 (0)9 216 35 95



