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Plein cadre

Flock (c) Nash Weerasekera

Né au Sri Lanka, désormais installé en Australie, Nash Weerasekera s’est révélé sur les réseaux sociaux durant la pandémie avec ses images teintées de surréalisme et hautement cinématographiques. Élégamment colorées, ses compositions témoignent d’une impressionnante maîtrise du cadre, de la lumière, et suggèrent tout un tas d’histoires. Libre à nous de les imaginer… En attendant, rencontre avec un illustrateur inspiré.

Quel est votre parcours ? Je n’ai pas suivi d’études artistiques. J’ai commencé à dessiner au dos de mes manuels scolaires, au Sri Lanka où je suis né, puis j’ai poursuivi dans le street art à Melbourne où j’ai déménagé, en 2012. Je réalisais aussi le portrait des gens, dans la rue. J’ai vraiment débuté un travail numérique pendant la période du Covid, car je n’avais alors plus d’emploi ni sources de revenus. Heureusement, l’agence Jacky Winter a estimé que j’avais du potentiel, sur la base d’un portfolio que j’avais envoyé. Cela m’a permis de devenir illustrateur et artiste à plein temps.

Concrètement, comment procédez-vous ? Je travaille d’abord sur le papier. La plupart des images publiées sur les réseaux sociaux débutent toujours par un croquis au crayon et / ou à l’encre, avant d’être converties numériquement. Sinon, je peins toujours lorsqu’il s’agit de projets personnels, mon médium préféré étant l’acrylique sur panneau de bois.

Suburbia (c) Nash Weerasekera

Suburbia (c) Nash Weerasekera

Plus généralement, comment définiriez-vous votre style ? C’est une question difficile. La seule constante serait un certain sens de la narration, je suppose.

Oui, vos images sont très cinématographiques, et semblent suggérer une “histoire dans l’histoire”… C’est vrai, parfois j’en suis conscient lors de la création de l’œuvre, et d’autre fois je découvre l’histoire après.

Vous inspirez-vous de certains cinéastes ? Je ne pourrais pas nommer de réalisateurs ou de scènes spécifiques, mais je suis clairement influencé, en permanence, par les films ou les séries que je regarde, notamment par les cadrages et le travail sur la lumière.

On remarque aussi beaucoup de personnages ayant le dos tourné dans vos images. Pourquoi ? Ce n’était pas conscient au début. En fait, je considérais surtout cette figure comme une référence pour le spectateur. De cette façon, il regarde l’image selon le point de vue du personnage, dans la même direction.

Bucket List  (c) Nash Weerasekera

Bucket List (c) Nash Weerasekera

Quelle est l’histoire de la bande dessinée What to Expect When You’re Immigrating ? Cela a commencé comme un projet personnel, en 2019, puis les illustrations ont finalement été publiées sous la forme d’un livre. C’est un témoignage ironique de mon expérience de nouveau venu en Occident. Je l’ai imaginé comme un guide pour les immigrants.

Vous semblez avoir développé un autre langage graphique ici, n’est-ce pas ? En réalité, c’est un style renvoyant au dessin animé et que j’utilisais pour mes personnages avant de me lancer dans le travail numérique.

Quels sont vos projets ? Je n’ai pas de plans dans l’immédiat concernant une exposition, même si j’ai quelques idées, et je travaille actuellement sur un livre d’images pour enfants, et cela s’avère passionnant.

Propos recueillis par Marine Durand

À visiter / jackywinter.com/artists/nash-weerasekera //  @ nashweerasekera

À lire / What to Expect When You’re Immigrating (Affirm Press, 2021, non traduit), affirmpress.com.au

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