Dessine-moi un rappeur

A l’âge où la plupart des enfants apprennent à colorier sans déborder, Yung Lenox dessine, expose et vend des portraits de rappeurs US. Ghostface Killah, Chief Keef, Ice Cube, Ol’ Dirty Bastard, J-Dilla… Ils y passent tous ! D’un trait de feutre, le petit prodige couche les grands noms du hip-hop sur papier.

Tout avait pourtant commencé par une blague. Celle du père du jeune Lenox, quand celui-ci lui présente fièrement un énième dessin de super-héros. à court d’inspiration, Yung demande conseil à son papa, Skip Grass, qui lui répond, goguenard : « Gucci Mane ». Challenge accepted. Le petit dessinateur n’a alors que cinq ans et est loin de se douter que son portrait du rappeur aux chaînes en or terminera exposé à NYC durant la Frieze Week. Evénement auquel il ne pourra pas assister. Ben oui, le lendemain, il y avait école !

« Live Fast, Draw Yung »
Yung a aujourd’hui 9 ans. Le gamin de Seattle (ville dont la scène hip-hop est plutôt discrète) a croqué, sans avoir l’air d’y toucher, plus d’une cinquantaine de rappeurs et autant de pochettes d’albums. La majorité de ces œuvres a été exhibée dans la célèbre Gallery 1988 West, à Los Angeles, en 2013. Action Bronson, E40 ou même le grand Raekwon ont tenu à rencontrer en personne celui qui collaborera bientôt avec la marque de prêt-à-porter Coke Magic. Présenté en avril au très select Tribeca Film Festival, puis au Festival International du Film de Melbourne, le documentaire « Live Fast, Draw Yung » de Stacey Lee et Anthony Mathilde, rend hommage au jeune portraitiste – le plus prolifique du Nord-Ouest des états-Unis. Une soudaine notoriété qui l’intéresse bien moins que ses jeux vidéo et ses parties de foot entre copains.

Sonia Abassi
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