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	<title>LM magazine &#187; Photographe</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Arlene Gottfried</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Feb 2025 04:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un cliché improbable. En août 1980, Arlene Gottfried se balade sur la plage naturiste de Riis Beach, à New York. Elle croise alors un Juif orthodoxe vêtu de son traditionnel habit noir, malgré la chaleur&#8230; quand un bodybuilder nu comme un ver surgit et lance : <em>« Prends-nous en photo, moi aussi je suis juif ! »</em>. Devenue iconique, cette image symbolise à merveille l’oeuvre de l’Américaine, tout à la fois drôle, insolite et débordante d’humanité. Née en 1950 à Brooklyn, celle qui fut brièvement dactylo a très tôt fait de la rue son terrain de jeu, choisissant la photographie comme un exutoire.<em> « Elle avait une énergie débordante, ne pouvait pas rester enfermée. Ce fut le prétexte parfait pour se promener, faire des rencontres&#8230; »</em>, explique Laurence Cornet, la commissaire de cette exposition, qui l’a côtoyée voilà une dizaine d’années, aux États-Unis. <em>« Elle avait toujours son appareil autour du cou »</em>, à l’affût de ce que le hasard et la vie peuvent offrir de surprenant <em>« et surtout des gens, qu’elle aimait par-dessus tout »</em>.</p>
<p><strong>Du choeur à l’ouvrage</strong></p>
<p>Sous son objectif a ainsi défilé une faune des plus hétéroclites, propre au New York des années 1970 à 90, insouciant, diversifié et excentrique. <em>« Elle avait un sens de l’humour incroyable, qui influençait sa pratique, ça lui permettait de photographier tout le monde</em>, poursuit Laurence Cornet. <em>Elle abordait ses sujets avec bienveillance, ne jugeait personne, c’est sans doute pourquoi son travail montre une telle diversité de personnages »</em>. Au fil de cet accrochage, on trouve une octogénaire faisant de la corde à sauter, un jeune couple s’embrassant fougueusement dans l’herbe, mais aussi des enfants, des femmes, des travestis, des héroïnomanes, des blancs, des noirs, la communauté portoricaine new-yorkaise, saisie dans <em>« une série explosive, pleine de couleur et de vie »</em> ou encore&#8230; des choeurs de gospel, l’une de ses grandes passions. Car Arlene Gottfried était également une voix, puissante et généreuse, à tel point que sa mère l’avait surnommée la &#8220;Singing Photographer&#8221;, soit la photographe chantante. À vous d’en saisir l’écho.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/vQlwhlpJCRs?si=Wvwwf-TTea617vXn" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Thandiwe Muriu</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Dec 2023 06:35:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[optique]]></category>
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		<category><![CDATA[You Thought You Could Throw Me Away]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-on camoufler son sujet tout en le magnifiant ? C’est en tout cas le tour de force accompli par <a href="https://thandiwemuriu.com/" target="_blank">Thandiwe Muriu</a>. Révélée en 2015 avec le projet <em>Camo</em>, cette photographe kényane fond littéralement ses modèles dans le décor, pour mieux les sublimer. Ces mannequins noires sont saisies à la façon du magazine <em>Vogue</em> via des portraits saturés de couleurs et de formes vibrantes, évoquant l&#8217;art optique de <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2020/03/01/victor-vasarely-2/" target="_blank">Vasarely</a>. Pour obtenir cet effet psychédélique, la trentenaire cherche durant des heures les fameux tissus wax dans les magasins de Nairobi, le même imprimé servant à la fois de vêtement et d’arrière-plan. À travers ces compositions pop, l’artiste exalte la beauté de la femme africaine, souvent invisibilisée dans la mode occidentale ou sur son propre continent. <em>« Je veux encourager les jeunes filles à célébrer leur peau foncée »</em>, déclare l’intéressée, pour qui les racines sont importantes. En témoignent les coiffures. Tressées ou crépues, sculpturales et résolument afro, ces <em>« couronnes de beauté »</em> ressuscitent une tradition ancestrale parfois oubliée des jeunes générations, plus enclines à se lisser les cheveux. On remarque également les lunettes et autres accessoires jalonnant ces tableaux photographiques, tous conçus à partir de matériaux de récupération : épingles, salières, rouleaux de papier toilette… <em>« C&#8217;est une façon de rendre hommage à ma culture</em>, confie Thandiwe Muriu. <em>Je suis issue d&#8217;un pays du tiers-monde où nous recyclons les choses du quotidien avec créativité »</em>. C’est aussi une invitation à appréhender autrement l’ordinaire. <em>« De la même manière, chaque femme est incroyable si elle se regarde sous un nouveau jour »</em>. Oui, il est temps de changer d&#8217;optique.</p>
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		<title>Flora Borsi</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Dec 2022 06:36:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Portfolio]]></category>
		<category><![CDATA[autoportrait]]></category>
		<category><![CDATA[Flora Borsi]]></category>
		<category><![CDATA[Hongrie]]></category>
		<category><![CDATA[Photographe]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>De l’intime à l’universel. Pour une fois, la formule n’est pas galvaudée, et sied parfaitement au travail de Flora Borsi. Autodidacte, cette...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>De l’intime à l’universel. Pour une fois, la formule n’est pas galvaudée, et sied parfaitement au travail de <a href="https://www.instagram.com/floraborsiofficial/?hl=fr" target="_blank">Flora Borsi.</a> Autodidacte, cette photographe et plasticienne hongroise se met en scène dans des &#8220;selfies&#8221; surréalistes pour mieux disséquer la psyché humaine. <em>« J’essaie de décrire des émotions à travers des personnages »</em>, acquiesce l’intéressée, dont la vocation remonte à l’adolescence. <em>« Quand j&#8217;ai eu 15 ans, on m&#8217;a diagnostiqué une tumeur au sein. J&#8217;ai alors réalisé des autoportraits pour exprimer mes pensées, mes sentiments et mes rêves. Histoire de laisser une petite partie de moi si quelque chose m&#8217;arrivait&#8230; Mais j’ai eu de la chance, cette tumeur n’était pas cancéreuse ! »</em>, raconte la native de Budapest, qui depuis n’a jamais eu besoin de personne pour concevoir ses images. Photographie, maquillage, éclairage… C’est bien simple, elle s’occupe de tout ! Dans ce <em>« one person show »</em>, Flora Borsi transforme son visage en terrain de jeu au centre duquel brille son regard, ce fameux<em> « miroir de l&#8217;âme »</em>. Ici elle se transforme en fleur, là accueille une colonie de fourmis ou se coiffe de spaghettis. <em>« Les aliments sont pour moi des accessoires comme les autres. Parfois ils ont une signification symbolique, sinon je les utilise simplement pour jouer avec leur forme et leur texture »</em>. En résulte des compositions fantasques, drôles, parfois étranges ou émouvantes, à l’instar de notre couverture, où les contours d&#8217;un planisphère noir ruissellent le long de joues blanches, emportés par les larmes. Un vibrant hommage aux victimes de la pandémie, signé par une artiste… à fleur de peau.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=142044" target="_blank">A LIRE ICI / L&#8217;INTERVIEW DE L&#8217;ARTISTE</a></strong></p>
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		<title>Thierry Girard</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Sep 2019 04:20:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Bassin Minier]]></category>
		<category><![CDATA[Le monde d'après]]></category>
		<category><![CDATA[Nord]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Il rêvait d&#8217;abord de cinéma, mais pas ses parents. Puis il eut une révélation, au début des années 1970, en découvrant les photos de <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2018/11/01/les-americains-2/" target="_blank">Robert Frank. </a><em>« A l&#8217;époque, mon amie vivait à Londres et c&#8217;est en sillonnant l&#8217;East End que la pratique photographique étroitement liée à la marche s&#8217;est imposée à moi, avec ce mélange de solitude et de présence au monde »</em>, explique Thierry Girard. Aujourd&#8217;hui âgé de 68 ans, il a depuis parcouru beaucoup de chemin, tant du point de vue artistique que de la pérégrination pédestre.</p>
<div id="attachment_103197" style="width: 310px" class="wp-caption alignright"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/08/page60_thierry-girard_le-monde-dapres.jpg"><img class="size-medium wp-image-103197" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/08/page60_thierry-girard_le-monde-dapres-300x199.jpg" alt="©Thierry Girard Le Monde d'après" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">©Thierry Girard Le Monde d&#8217;après</p></div>
<p><strong>Balade sauvage</strong></p>
<p>Adepte à ses débuts du noir et blanc et du Leica, aussi à l&#8217;aise en &#8220;street photography&#8221; que pour saisir les panoramas, Thierry Girard a changé d&#8217;appareil et opté pour la couleur en 1997. Il choisit la chambre moyen format lors d&#8217;un périple japonais sur les traces du maître de l&#8217;estampe Utagawa Hiroshige pour réinterpréter les fameuses 53 stations du Tokaido*. <em>« J&#8217;avais le souci du détail car je m&#8217;intéressais surtout au paysage »</em>, se souvient-il. Elaborés en amont, ses projets évoquent souvent la littérature : les Ardennes vues par Rimbaud, les missions chinoises de Victor Segalen&#8230; En revanche, son approche reste la même. Il s&#8217;agit de s&#8217;imprégner d&#8217;un territoire et de fournir un effort pour le comprendre.</p>
<div id="attachment_103200" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/08/page62_thierry-girard_le-monde-dapres.jpg"><img class="size-medium wp-image-103200" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/08/page62_thierry-girard_le-monde-dapres-300x225.jpg" alt="©Thierry Girard Le Monde d'après" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">©Thierry Girard Le Monde d&#8217;après</p></div>
<p><strong>Bonne mine</strong></p>
<p>Le Nantais a arpenté le Nord de la France à la fin des années 1970, d&#8217;abord pour un reportage sur les colombophiles. Il y reviendra régulièrement, focalisant sur le bassin minier dont il pressent la fin. En noir et blanc, ses clichés captent tout autant les reliefs des terrils, le démantèlement des chevalements que le dénuement social et les habitudes des familles de mineurs (corons décatis, estaminets…). Certaines donnent l&#8217;impression d&#8217;avoir été prises dans les années 1960 (tenues vestimentaires, ambiances&#8230;), et toutes signalent l&#8217;emprise de la mono-industrie sur les corps et le cantonnement de la population dans l&#8217;habitat minier, sous la domination tellurique des terrils. Le contraste est saisissant avec les photos couleurs prises en 2017 et 2018, et c&#8217;est tout l&#8217;intérêt de cette série présentée dans une ancienne maison d&#8217;ingénieur des mines.</p>
<div id="attachment_103199" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/08/page153_thierry-girard_le-monde-dapres.jpg"><img class="size-full wp-image-103199" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/08/page153_thierry-girard_le-monde-dapres.jpg" alt="Montigny-en-Ostrevent (59), avril 2017, buvette du club colombophile." width="800" height="599" /></a><p class="wp-caption-text">Montigny-en-Ostrevent (59), avril 2017, buvette du club colombophile.</p></div>
<p><strong>Mutations </strong></p>
<p><em>« C&#8217;est un regard pertinent sur le territoire, parce qu&#8217;il est extérieur et réalisé avec un intervalle de temps suffisant pour en révéler les transformations »</em>, analyse Isabelle Mauchin, responsable de la Cité des Electriciens. Plus posées et frontales, ses images en couleur marquent les profondes mutations de cette région lors des dernières décennies. <em>« Elles soulignent en effet la colorisation du monde par rapport à la minéralité du noir et blanc »</em>, précise Thierry Girard. Ainsi les sombres terrils sont devenus des terrains de jeux verdoyants avec des lacs où se baigner, les centres commerciaux ont fleuri avec leur signalétique criarde tandis que les boutiques de centre-ville ont baissé le rideau. Les habitats rénovés s&#8217;ouvrent sur l&#8217;extérieur, la population a rajeuni et les traditions comme les jeux de bourle ou de billon sont menacées… Autrement dit, c&#8217;est <em>Le Monde d&#8217;après</em>, titre de l&#8217;exposition et du livre. Après la mine, bien sûr, <em>« mais aussi 30 ans de crise qui ont suivi »</em>. Le contraste, toujours…</p>
<p><em>* Les 53 stations du Tokaido : série d&#8217;estampes japonaises créées par Hiroshige après son premier voyage empruntant la route du Tōkaidō en 1832. Celle-ci relie la capitale du shogun, Edo, à la capitale impériale, Kyoto, est l&#8217;axe principal du Japon de l&#8217;époque.</em></p>
<hr />
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/08/cite_des_electriciens_071.jpg"><img class="wp-image-103224 size-thumbnail alignleft" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2019/08/cite_des_electriciens_071-120x76.jpg" alt="© Anteale" width="120" height="76" /></a> <a href="https://www.lm-magazine.com/?p=103214" target="_blank"><strong>A LIRE AUSSI : LA CITE DES ELECTRICIENS</strong></a></p>
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		<title>Stéphane Couturier</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Nov 2017 00:30:02 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Stéphane Couturier]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Pris à l’argentique ou au numérique, les clichés de <a href="http://www.stephanecouturier.fr/couturier/accueil.html" target="_blank">Stéphane Couturier</a> subliment des chantiers, des grands ensembles architecturaux ou des entreprises. De l&#8217;usine Renault de Boulogne-Billancourt à la cité « Climat de France » à Alger, le Français joue avec les lignes, les plans, les formes et les couleurs. Il conçoit des photographies au format imposant où l&#8217;oeil du spectateur se perd, entre réalité et fiction. Ainsi de sa série <em>Melting Point</em>, notamment réalisée à l&#8217;usine Toyota de Valenciennes, dans laquelle il associe plusieurs prises de vue d’un même lieu au sein d’une même image.</p>
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		<title>Alain Bujak &amp; Piero Macola</title>
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		<pubDate>Thu, 05 Oct 2017 04:40:05 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Le photographe Alain Bujak et le dessinateur Piero Macola se sont associés pour relater la triste histoire d’un camp de gens du...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le photographe Alain Bujak et le dessinateur Piero Macola se sont associés pour relater la triste histoire d’un camp de gens du voyage situé du côté de Mont-de-Marsan. Plus précisément, en bout de piste d’une base aérienne militaire. Une vie passée dans un bruit assourdissant et dangereux – d’où l’arrêté d’expulsion qui frappe ces familles. Juxtaposant le noir et blanc tranchant de la pellicule à la douceur des crayons de couleur, les deux auteurs narrent une déchirure. Mais pas seulement. Ils évoquent aussi les questionnements de l’équipe municipale chargée de reloger ces hommes, ces femmes et ces enfants. Normes et identités sontelles toujours compatibles ? Tel est le genre d’interrogations soulevées par <a href="http://www.futuropolis.fr/fiche_titre.php?id_article=790511" target="_blank">cet ouvrage bouleversant</a>.</p>
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		<title>Loïc Vendrame</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Jul 2017 16:04:50 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Comment est née cette série </strong><strong>?</strong> De par ma formation de géographe, je suis depuis longtemps passionné par les villes, mais aussi par ces endroits que l’on peut qualifier &#8220;d’interstices urbains&#8221;, que personne ne regarde mais qui font pourtant partie de notre quotidien. Ces lieux modernes issus de la crise financière et immobilière, que je qualifie de &#8220;non-lieux&#8221; urbains, car abandonnés ou n’ayant pas de &#8220;dynamique&#8221;, me fascinent. De là est née l’idée d’un projet photo-documentaire prenant la forme d’une monographie.</p>
<p><strong>Qu&#8217;est-ce qui a déclenché ce travail ?</strong> L&#8217;architecture contemporaine était devenue mon seul et unique sujet depuis 2013. J&#8217;ai pris beaucoup de plaisir à rechercher le graphisme et la couleur dans plusieurs villes du monde. Mais, depuis début 2016, j&#8217;avais la sensation d&#8217;avoir fait le tour de mon approche, de ne plus parvenir à me réinventer. J&#8217;aimais réussir à donner &#8220;vie&#8221; à l&#8217;architecture, mais j&#8217;avais besoin de raconter une histoire, d&#8217;engager un point de vue plus marqué.</p>
<p><strong>Où ces photos ont-elles été prises ?</strong> Elles sont issues des deux premiers volumes de mon projet <em>Future Rust, Future Dust</em>. Une partie a été prise lors de mon voyage initial en Espagne, autour de Madrid, et l’autre dans la région de Murcie-Alicante.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-72226" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/06/loic-vendrame_4-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Quelle fut la méthode ?</strong> Mon idée est d’arriver à photographier ces lieux abandonnés dans leur contexte environnant, afin de montrer l&#8217;absurdité de ces squelettes de béton qui dénotent dans le paysage, et leur côté &#8220;figé&#8221;, alors que la nature commence à reprendre le dessus. J’utilise ici le format carré car sa rigueur et la géométrie des cadrages me plaisent. J&#8217;use principalement du très grand angle afin de donner plus d’impact aux photos.</p>
<p><strong>Comment avez-vous sélectionné ces sites ?</strong> Avant chaque exploration, je passe beaucoup de temps à les repérer sur Google Earth et aujourd’hui j’arrive instantanément à identifier les constructions abandonnées. Une fois sur le terrain, il m’arrive d&#8217;en trouver de nouveaux ou de ne pas photographier ceux que j’avais repérés, car je fonctionne énormément au feeling.</p>
<p><strong>Pourquoi le temps est-il toujours resplendissant ?</strong> <strong>Ce paradoxe entre la beauté du climat et l&#8217;état d&#8217;abandon des lieux photographiés est-il volontaire ?</strong> En général, je préfère photographier sous un beau temps, et le filtre polarisant me permet d&#8217;accentuer le bleu intense du ciel, mais on ne choisit pas toujours ! On imaginerait plus volontiers ces endroits dans le brouillard, pour donner une atmosphère plus pesante, mais j’aime au contraire ce contraste entre le climat et la dureté de ces lieux. Sachant que beaucoup d&#8217;entre eux étaient dédiés au tourisme, c’est une façon les révéler dans leur environnement tels qu’ils auraient été perçus s’il n’y avait pas eu la crise.</p>
<p><strong><img class="alignright size-medium wp-image-72230" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/06/loic-vendrame_7-300x300.jpg" alt="" width="300" height="300" />Que vouliez-vous montrer à travers ce travail ?</strong> Ce projet a vraiment un sens profond pour moi. J&#8217;essaye de montrer l’absurdité, le gâchis d’argent public, les rêves d’accession à la propriété brisés. Derrière ce béton il y a des personnes qui se sont endettées et des escrocs toujours en liberté. J’étais également choqué de voir un nombre important de maisons habitables mais laissées à l’abandon, alors que tant de personnes n’arrivent pas à se loger. Au-delà de l’aspect politique et social, je décris aussi à quel point les paysages ont été défigurés pour rien, même ceux qui étaient protégés par des lois. Cela coûterait trop cher de tout enlever dit-on, alors on préfère laisser des verrues de béton qui se désagrègent lentement, mangées par la nature qui reprend ses droits.</p>
<p><strong>Que ressentez-vous face à ces paysages apocalyptiques ?</strong> Ils sont perturbants. On se demande où on est, ce qu&#8217;il a bien pu se passer. Il y a juste le bruit du vent qui vous accompagne et pourtant vous êtes entourés par toutes ces traces laissées par l&#8217;Homme qui était là quelques heures avant, mais a tout quitté sur place (casque de chantier, grue, prospectus publicitaire immobilier&#8230;) comme si le pire s&#8217;était produit. Lors de mon deuxième voyage en Espagne j&#8217;ai posé ma tente au pied de ces squelettes de béton pour m&#8217;immerger plus encore dans ces décors semblant irréels. A chaque fois que je trouvais un nouveau &#8220;spot&#8221;, j&#8217;imaginais l&#8217;énergie pharaonique mise en œuvre pour acheminer tout le matériel de construction, élever les routes, les réseaux souterrains d&#8217;eau, les structures des bâtiments&#8230; et d&#8217;un coup tout abandonner.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-72224" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/06/loic-vendrame_2-300x300.jpg" alt="Spanish Riviera - Cox" width="300" height="300" /></p>
<p><strong>D&#8217;autres séries sur le sujet sont-elles prévues ?</strong> J’ai pour but de poursuivre ce projet ailleurs dans le monde, toujours avec le même regard, et de montrer les particularités que la crise a eu dans tous les pays frappés. Je pars prochainement pour le Portugal, puis compte aller dans le sud de l’Europe (Italie, Grèce) mais aussi au Maroc, en Chine et dans les pays du Golfe qui ont également été très touchés par la crise malgré leur manne financière importante. Mon objectif ultime est d’offrir une vision exhaustive des impacts de la crise sur les paysages urbains.</p>
<p><strong>Quels sont vos projets ?</strong> Je travaille actuellement pour une ONG médicale en République Démocratique du Congo. Cela me permet de découvrir de nouveaux pays et d’autres sujets, même si pratiquer la photographie partout dans le monde n’est pas toujours évident et sans risque !</p>
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		<title>Loïc Vendrame</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Jul 2017 03:10:32 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>On avait quitté Loïc Vendrame en janvier 2016, <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2016/01/05/loic-vendrame/" target="_blank">avec ses clichés dignes</a> <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2016/01/05/loic-vendrame/" target="_blank">de toiles de maître</a>, sublimant les formes et couleurs de l’architecture moderne. On le retrouve avec un projet non moins excitant, où l’abstrait laisse cette fois place au documentaire. <em>« J’avais fait le tour de mon approche, et ressentais le besoin de raconter une histoire, d’engager un point de vue plus marqué »</em>. Ainsi ce Lyonnais de 27 ans, géographe de formation, s’intéresse désormais aux bâtiments abandonnés et autres villes fantômes. à ces <em>« non-lieux urbains »</em> nés des crises financières et immobilières de 2008. Ces images proviennent des deux premiers volumes de sa série <em>Future Rust, Future Dust</em>. Elles ont été prises autour de Madrid et dans la région de Murcie-Alicante. <em>« Ces endroits sont perturbants, on se demande ce qu’il a bien pu s’y passer. Seul le bruit du vent vous accompagne et, pourtant, vous êtes entourés par toutes ces traces laissées par l’Homme, qui a soudainement tout plaqué comme si le pire était arrivé »</em>.</p>
<p><img class="alignleft size-medium wp-image-72217" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/06/loic-vendrame_6-300x300.jpg" alt="Spanish Riviera - Sueca" width="300" height="300" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Rêves brisés</strong></p>
<p>Ces complexes hôteliers mort-nés, ces routes ne menant nulle part, ces cités inachevées, sans âme qui vive, nous plongent dans une ambiance post-apocalyptique. Vestiges d’une époque insouciante, ils nous racontent en silence la faillite d’une économie, et les catastrophes humaines qu’ils renferment. <em>« J’essaie de montrer l’absurdité, le gâchis d’argent public, les rêves d’accession à la propriété brisés derrière ce béton. Les personnes endettées et les escrocs toujours en liberté. Il est aussi choquant d’observer autant de maisons habitables mais délaissées, alors que tant de personnes ne parviennent pas à se loger »</em>. Une immense gabegie, doublée d’une atteinte à Dame Nature. <em>« Au-delà de l’aspect politique et social, on voit aussi à quel point les paysages ont été défigurés pour rien »</em>. On est également saisi par ce paradoxe entre la disgrâce des embryons immobiliers et la beauté du décor, la douceur de sa lumière. <em>« J’aime ce contraste entre le climat et la dureté des lieux. Beaucoup étaient dédiés au tourisme, c’est une façon de les montrer tels qu’ils auraient existé s’il n’y avait pas eu la crise</em> ».</p>
<p>Oui, les vacances sont finies… avant même d’avoir commencé. Le travail de Loïc Vendrame, lui, ne fait que débuter. <em>« Je pars bientôt au Portugal et compte aussi me rendre dans le sud de l’Europe, au Maroc, dans les pays du Golfe ou en Chine. Mon objectif ultime est d’offrir une vision exhaustive des impacts de la crise sur les paysages urbains »</em>. Comme un voyage autour d’un monde parallèle, englouti, mais hélas bien réel.</p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2017/07/07/loic-vendrame-3/" target="_blank">RETROUVEZ ICI L&#8217;INTERVIEW DE LOIC VENDRAME</a></p>
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		<title>Mária Švarbová</title>
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		<pubDate>Mon, 01 May 2017 06:12:25 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.mariasvarbova.com/" target="_blank">Mária Švarbová</a> a d’abord suivi des études d’archéologie, avant de se consacrer entièrement à la photographie, en 2010. Ses expositions et son style épuré, minimaliste, ont tapé dans l’oeil de prestigieux clients comme <em>Vogue</em>,<em> Forbes</em> ou <em>The Guardian</em>. La série qui nous occupe a été initiée en 2014. La plupart des clichés ont été pris dans la piscine de Malacky, élevée dans les années 1930 aux abords de Bratislava <em>« à une époque où la natation était plus un rite social qu’un plaisir »</em>. Le décor idéal pour cette artiste slovaque pas encore trentenaire, qui affectionne les architectures et espaces publics typiques de l’ère socialiste. Elle joue ici avec les lignes, la symétrie, l’effet miroitant de l’eau, les formes géométriques, la lumière et les couleurs pour créer des tableaux aux teintes pastel et saturées. Ceux-ci sont traversés par des nageuses figées dans des postures absurdes, prêtes à plonger ou en pleine brasse. Elles ressemblent à des mannequins sans expression ni émotion. Ces &#8220;femmes-automates&#8221; s’insèrent dans des compositions éthérées, déshumanisées, traduisant la solitude et l’isolement des êtres, noyés dans des environnements stériles. Minutieusement mises en scène, ces images sont très peu retouchées et obtenues après de longues séances. «<em> Je prends généralement près de 300 photos pour n’en conserver qu’une »</em>. Se dégagent ainsi de ces saynètes une sensation de froide sérénité, plongeant le spectateur dans une réalité autre, un espace-temps indéterminé entre passé et futur. Un rêve coloré et chloré.</p>
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		<title>Alastair Magnaldo</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Dec 2016 01:40:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Portfolio]]></category>
		<category><![CDATA[Alastair Magnaldo]]></category>
		<category><![CDATA[paysage]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Dans le monde revu et corrigé par Alastair Magnaldo, on navigue dans les airs, on attend le bus à côté d’une poule...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le monde revu et corrigé par <a href="http://www.alastairmagnaldo.com/fr/accueil/" target="_blank">Alastair Magnaldo</a>, on navigue dans les airs, on attend le bus à côté d’une poule géante et on promène sa hyène en laisse comme un toutou. Guidé <em>« par une recherche de liberté extrême »</em>, ce docteur en physique partageant son temps entre les laboratoires et l’art (<em>« j’ai peur de m’ennuyer »</em> dit-il) reconsidère le rapport à notre environnement. <em>« J’ai commencé à capturer des paysages à 20 ans, avant d’abandonner, insatisfait de ces représentations dénuées d’interaction »</em>, explique cet Occitan d’origine britannique. Il y est finalement revenu quelques années plus tard avec une approche différente, <em>« en y injectant de la fiction »</em>. Ses images se présentent tels des songes. Puisant leur force dans un brillant travail de composition, elles racontent des histoires à décrypter, s’articulant autour de thématiques comme la guerre, l’enfance ou l’écologie. Citons ce cliché où une fillette tire un gros escargot sur les rails. <em>« Il vise le temps humain, rapide, représenté ici par le train et imposé sans vergogne aux animaux… »</em>. Pour réaliser ces oeuvres, Alastair effectue jusqu’à 12 prises de vue d’un même lieu, avant de recomposer un panorama de grand format sur ordinateur. <em>« J’envisage ensuite la mise en scène via un dessin, photographie en studio les éléments ou personnages nécessaires, avant d’assembler le tout numériquement »</em>. Eh oui : chez Alastair, le rêve est une science très exacte.</p>
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