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	<title>LM magazine &#187; Magda Danysz</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Urbain.es</title>
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		<pubDate>Fri, 01 Apr 2022 05:45:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Qu&#8217;en est-il de la représentation de la femme dans l&#8217;espace public ? Vaste question à laquelle s&#8217;attaque cette exposition, dont la première partie pose des bases historiques. <em>« À l&#8217;origine du graffiti, dans les années 1970-80, le regard porté sur la femme est d&#8217;abord très caricatural : elle est en général dévêtue, avec une grosse poitrine et de grosses fesses »</em>, commente Magda Danysz, la commissaire. Le milieu est alors très masculin, voire machiste, mais ces dames ne sont pas en reste. Lady Pink, présentée comme <em>« la première graffeuse »</em>, se fit un nom dès les années 1980 à New-York. En France, on citera Miss. Tic et ses pochoirs poétiques (&#8220;J&#8217;ai du vague à l&#8217;homme&#8221;) ou encore Miss Van, connue pour&#8230; ses plantureuses pin-up.</p>
<p><strong>La rançon de la gloire </strong></p>
<p>L&#8217;aube des années 2000 marque un premier tournant, d&#8217;un point de vue formel et même conceptuel. Le Français Zevs (prononcer &#8220;zeus&#8221;) commet un coup d&#8217;éclat retentissant, un sacré pied de nez à la chosification de la femme. <em>« Nous sommes sur la place principale de Berlin, Alexanderplatz, et il y a cette énorme publicité Lavazza, une bâche de plus de 15 mètres de haut qui figure une mannequin quasi nue, pulpeuse, son intimité simplement recouverte par le logo de la marque&#8230; Bref, elle est présentée comme un objet »</em>. Une nuit, Zevs va patiemment la découper au cutter et… la kidnapper. À la Condition Publique, on découvre l'&#8221;otage&#8221; originale, ainsi que la vidéo qu&#8217;il a tirée de cet enlèvement – et ses demandes de rançon.</p>
<div id="attachment_133092" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/04/urbain-es.jpg"><img class="size-full wp-image-133092" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2022/04/urbain-es.jpg" alt="ZEVS, Visual kidnapping, Berlin 2002" width="800" height="1132" /></a><p class="wp-caption-text">ZEVS, Visual kidnapping, Berlin 2002</p></div>
<p><strong>État des lieux </strong></p>
<p>Pour autant, Magda Danysz se défend d&#8217;avoir monté une exposition féministe. <em>« Tous les artistes réunis ici ne sont pas spécialement focalisés sur la question du genre, même si leur travail recouvre des enjeux qui l’interroge, </em>assure-t-elle.<em> Rappelons qu’être &#8220;urbain&#8221;, c&#8217;est également respecter les autres, être attentif à son environnement et plus généralement à la place de chacun dans la cité »</em>. Surtout, il s&#8217;agit de révéler la diversité de pratiques recouvrant le street art, entre abstraction (Maya Hayuk), sculptures hyperréalistes (Mark Jenkins et Sandra Fernandez), land art (Saype) et même phrases ou citations. Surnommé le &#8220;Banksy des mots&#8221;, l&#8217;Écossais Robert Montgomery présente, sous forme de LED ou lettres en feu, des textes poignants (&#8220;l&#8217;amour est le temps qui rêve pour toujours&#8221;) empruntant aussi bien à Sylvia Plath qu&#8217;à Guy Debord. Plus qu&#8217;une exposition donc, une véritable agora visuelle.</p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=133100&amp;preview=true" target="_blank">A LIRE ICI : YZ, FEMME PUISSANTE</a></strong></p>
<p><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=133109&amp;preview=true" target="_blank"><strong>A LIRE ICI : SAYPE, LA COURS DES GRANDS</strong></a></p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=133127" target="_blank">A LIRE ICI : MARK JENKINS &amp; SANDRA FERNANDEZ</a></strong></p>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=133119&amp;preview=true" target="_blank">A LIRE ICI : ICY &amp; SOT, FRERES D&#8217;ARMES</a></strong></p>
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		<title>Magda Danysz</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Apr 2017 00:45:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Où et quand ce mouvement est-il né ?</strong> à Philadelphie, à la fin des années 1960. L’Histoire s’écrivant avec ceux qui parlent le plus fort, on ne retient que certains noms. Cornbread clame ainsi qu’il est le premier tagueur. Il inscrivait son nom un peu partout, au départ pour impressionner une fille. Certains ont pris cela pour un jeu et c’est devenu viral ! Mais cette première manifestation est vite retombée, morte dans l’oeuf.</p>
<p><strong>Pourquoi ?</strong> Parce que le réseau des transports en commun n’était pas assez développé à Philadelphie. Or il stimule l’émulation, indispensable dans ce domaine. On aurait pu en rester là, mais le mouvement est réapparu au tournant des années 1970, pas très loin, à New York. Notamment grâce à un coursier nommé Taki. Son métier lui permettant de sortir régulièrement de son quartier (Washington Heights), il en profita pour recouvrir toute la ville de sa signature, asticotant les jeunes des autres cités. Le métro ici incontournable, prend toute son importance car l<span class="has-pullquote" data-pullquote="Les jeunes s’envoyaient des messages par rames interposées, du Bronx à Harlem">es jeunes s’envoyaient des messages par rames interposées, du Bronx à Harlem</span>. En un an, celles-ci furent recouvertes du sol au plafond !</p>
<p><strong>Les premières manifestations du street art se résument-elles à des signatures ?</strong> Oui, le pseudo de l’auteur et, accolé, le numéro de sa rue. En l’occurrence 183 pour Taki. Il y avait très peu de couleurs. Les bombes aérosols, à l’époque, étaient rudimentaires.</p>
<p><strong> Peut-on parler d’art à ce moment-là ?</strong> Non, plutôt d’écriture, on parle de &#8220;writing&#8221;, pas de tag ni de graffiti. Notons d’ailleurs que tous les protagonistes détestent le terme &#8220;street art&#8221;. Celui-ci est apparu en 2007 et a été inventé par les maisons de ventes aux enchères, qui devaient bien mettre quelque chose sur leur catalogue !</p>
<div id="attachment_69426" style="width: 406px" class="wp-caption alignleft"><img class=" wp-image-69426" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/03/14-streetgenerations-dondi-white-pre-altered-states-spray-paint-on-canvas-180x185cm-1984-collection-henk-pijnenburg-jigsaw-laconditionpublique-1024x986.jpg" alt="Dondi White - Pre Altered States, Spray Paint on canvas, 180x185cm, 1984 - collection Henk Pijnenburg" width="396" height="382" /><p class="wp-caption-text">Dondi White &#8211; Pre Altered States, Spray Paint on canvas, 180x185cm, 1984 &#8211; collection Henk Pijnenburg</p></div>
<p><strong>Quand commence-t-on à s’éloigner de la &#8220;simple&#8221; écriture ?</strong> Entre 1971 et 1972, certains regrettent que devant un tel empilement, on ne distingue plus leur signature. Un type, Stay High, décide alors d’appliquer un fond de couleur sous son blaze, pour se démarquer. C’est la première évolution. Il est aussi l’un des premiers à ajouter des ornements : une main tenant une cigarette fumante, et crée même un personnage : la silhouette de la série <em>Le Saint.</em> Les choses s’enchaînent ensuite à toute vitesse. On va toujours plus loin et plus haut ! En 1972, sous l’impulsion de Phase 2, les lettres deviennent des contours que l’on remplit : c’est l’apparition du lettrage.</p>
<p><strong>Le graffiti succède-t-il au tag à ce moment-là ?</strong> Exactement ! Mais ces mots sont apparus 10 ans plus tard. Le terme employé était alors &#8220;style writing&#8221; : on passe de l’écriture au style. La dimension artistique apparaît à cet instant, avec l’arrivée du graff.</p>
<p><strong>Qui sont les pères fondateurs ?</strong> Ils sont nés entre 1955 et 1958. Citons Seen, «the godfather of graffiti ». Il a inventé des formes d’écriture avec lesquelles les jeunes se font encore la main. Il y a aussi Quik qui, très tôt, délivraient des messages. Il dénonce la situation des noirs dans une Amérique profondément ségrégationniste. Il a ainsi reproduit Hitler à côté d’un membre du Ku Klux Klan sur tout un wagon, assimilant l’Amérique au nazisme ! Il était aussi anti-pub. Celle imposée dans le métro, véhiculant l’image d’une Amérique blanche avec femme au foyer et ce consumérisme à la sauce des années 1950…</p>
<p><strong>Quels en sont les codes ?</strong> Ils se résument ainsi : &#8221; first you have to learn your ABC, and then find your style&#8221;. On apprend d&#8217;abord son lettrage, avant de trouver son style et dépasser le voisin ou son maître. De même que les peintres classiques apprenaient à mélanger les couleurs, réaliser des fonds&#8230; c&#8217;est d&#8217;abord beaucoup de technique. Celui qui copie les autres est considéré comme un &#8220;toy&#8221;. Il y a des règles strictes depuis le début, c&#8217;est très codé. On est loin de l&#8217;anarchie, du vandalisme auxquels certains essaient de réduire ce mouvement.</p>
<div id="attachment_69428" style="width: 430px" class="wp-caption alignright"><img class=" wp-image-69428" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/03/3-streetgenerations-1980s-quik-courtesy-of-the-artist-and-magda-danysz-2-jigsaw-laconditionpublique-786x1024.jpg" alt="Quik - 1980s - courtesy of the artist and Magda Danysz" width="420" height="547" /><p class="wp-caption-text">Quik &#8211; 1980s &#8211; courtesy of the artist and Magda<br />Danysz</p></div>
<p><strong>Quand le mouvement est-il sorti de New York pour inonder la planète ?</strong> On le date très précisément : 1983. En été, car la population se passionnant pour ce mouvement est jeune, scolarisée. Ceux qui parvenaient à se payer le voyage pour New York se sont pris une claque. Ce fut le cas pour Bando ou Jef Aerosol, alors étudiant en art. L’arrivée de Futura en Europe a aussi été déterminante. Il fut invité sur la tournée des Clash en France, pour concevoir le fond de scène – une pièce visible à la Condition Publique. Cela a été une révolution visuelle pour beaucoup. Mogador, 1981, reste une date marquante.</p>
<p><strong>Quand est-il entré dans les musées ?</strong> Dès le début des années 1980, il y eut de grandes expositions comme<em> New-York, New Wave</em>, rassemblant les fondateurs tels Quik, Futura&#8230; et de grands noms de l&#8217;art contemporain. Des gens comme Keith Haring les suivaient dans la rue et puis des people, comme Madonna, collectionnaient leurs œuvres&#8230; Un artiste comme Crash, qui réalise un mur pour la Condition Publique à l&#8217;occasion de cette expo, fut hyper-important, car invité très tôt dans les galeries et musées.</p>
<p><strong>Le street art nourrit-il un lien privilégié avec le hip-hop ?</strong> C’est une image d’Epinal, renvoyant à un moment précis : à la fin des années 1970, le graffiti a été théorisé par Afrika Bambaataa comme le quatrième pilier du hip-hop. Pour autant, dans les années 1960, le hip-hop n’existait pas, les tagueurs ont indifféremment écouté du rock, du punk et du rap.</p>
<p><strong>On note aussi une culture du secret, de l’anonymat…</strong> Oui, elle est liée à la transgression. Le tag et le graff sont très réprimandés, les peines encourues lourdes. à Los Angeles, si vous portez des bombes de peinture dans votre sac, vous êtes déjà en infraction. Dans les années 1990, certains artistes comme Space Invader et plus tard <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2017/02/01/banksy-2/" target="_blank">Banksy</a>, théorisent l’anonymat. Ils posent une question : « qu’est-ce qui compte ? Le nom ou le message ? ». Banksy dit : « je n’importe pas », dénonçant la mainmise de la signature, de la marque.</p>
<div id="attachment_69427" style="width: 495px" class="wp-caption alignright"><img class=" wp-image-69427" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2017/03/19-streetgenerations-jefaerosol_chuuuttt_2011-courtesy-galerie-magda-danysz-jigsaw-laconditionpublique-768x1024.jpg" alt="Jef Aerosol - Chuuuttt!!!, 2011 - courtesy galerie Magda Danysz" width="485" height="647" /><p class="wp-caption-text">Jef Aerosol &#8211; Chuuuttt!!!, 2011 &#8211; courtesy galerie Magda Danysz</p></div>
<p><strong>L’avènement du message dans les années 1990 constitue-t-il une deuxième évolution ?</strong> Oui, pour moi le symbole de ce virage reste Obey, avec ce célèbre visage appelant à la &#8220;désobéissance visuelle&#8221;. Au début, les autres graffeurs l’insultaient, il est plutôt issu de la culture du skate. Mais, il s’est rapidement imposé en recouvrant les espaces publicitaires d’immenses affiches. En cela, il est complètement en phase avec Quik. On note l’apparition du message, donc, mais aussi de nouvelles formes.</p>
<p><strong>Comment ?</strong> A cause du contexte répressif. En étant pourchassés, les artistes privilégient certaines pratiques. Le pochoir notamment permet de gagner en rapidité et réduit les risques d’interpellation. D’un autre côté, le collage est moins réprimandé car il cause desdégâts moindres dans l’espace public. Finalement cette répression pousse les artistes à se surpasser.</p>
<p><strong>Banksy reste le plus célèbre&#8230;</strong> Oui, sa démarche est intéressante car il replace le pochoir sur le devant de la scène. D&#8217;ailleurs on peut pousser un cocorico car cette technique est française. Elle est née lors de mai 68, initiée par les profs des beaux-arts qui incitaient leurs élèves à couvrir les rues de messages. Banksy a remis à l&#8217;ordre du jour de veilles pratiques, donné un coup de projecteur à des artistes comme Jef Aerosol et participé à la reconnaissance du mouvement.</p>
<p><strong>Qu’en est-il des pratiques actuelles ?</strong> L’invention est permanente. à l’image du Portugais Vhils, âgé de 30 ans, qui s’attaque directement au support. Il travaille les murs au marteau- piqueur pour les &#8220;faire parler&#8221;, ou grave dans des &#8220;croûtes&#8221;, des accumulations d’affiches pour révéler des visages. C’est drôle car à l’origine le terme graffiti signifie : « inciser le mur »…</p>
<p>___________________________</p>
<p><strong>A lire :</strong> <em>Anthologie du street art</em>, Magda Danysz (éditions Alternatives, chez Gallimard), 288 p., 30 €,<a href="http://www.editionsalternatives.com" target="_blank"> www.editionsalternatives.com</a></p>
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