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	<title>LM magazine &#187; London</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>The House of Dreams</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Oct 2026 03:04:22 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>À 71 ans, Stephen ne fait pas son âge. «<em> Je m’occupe de moi-même</em> », lance-t-il, comme s’il avait trouvé la recette anti-vieillissement. Ancien styliste et directeur artistique pour <em>Elle Decoration</em> et<em> i-D</em>, il a aussi dirigé une entreprise de papeterie. Le succès finit pourtant par l’ennuyer : «<em> J’en avais marre de créer des carnets, des cartes, des objets éphémères qu&#8217;on jetait après usage</em> ». Il vend son entreprise et, en 1998, découvre <em>Journeys into the Outside</em>, la série de Jarvis Cocker sur l’art brut. Coup de foudre ! Il visite alors des lieux hors normes, de la Maison Picassiette (Chartres, Eure-et-Loir) au Facteur Cheval (Hauterives, Drôme). Déclic : lui aussi créera la maison de ses rêves.</p>
<p><img class="wp-image-183974 size-medium alignright" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/09/img_2359-2-300x225.jpg" alt="The House of Dreams © Elisabeth Blanchet Burgot " width="300" height="225" /></p>
<h3>Accumulateur compulsif ?</h3>
<p>Dès lors, Stephen achète, collectionne, récupère… tout est destiné à The House of Dreams. Il ne collectionne pas pour accumuler : il nourrit son œuvre. Des milliers d’objets occupent le rez-de-chaussée du 45 Melbourne Grove : souvenirs des puces de Paris, du Mexique ou d’Inde, objets glanés sur les bords de la Tamise à marée basse, vêtements, photos, mosaïques, poupées, dentiers… Impossible de les compter. Leur dénominateur commun : la couleur, qu’il considère comme son langage.</p>
<p><img class="size-medium wp-image-183984 alignleft" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/09/t68b7432-2-300x200.jpg" alt="The House of Dreams © Elisabeth Blanchet Burgot " width="300" height="200" /></p>
<h3>Deuil et renaissance</h3>
<p>Ce patchwork chromatique raconte des histoires intimes. Fin 2004, Stephen perd son compagnon, Donald Jones, emporté par la maladie ; ses parents disparaissent à leur tour dans les dix-huit mois qui suivent. Il s&#8217;exile un temps au Mexique et met le projet entre parenthèses, avant de rencontrer Michael Vaughan, aujourd&#8217;hui son mari, qui l&#8217;encourage à le reprendre. Depuis, la maison évolue au gré de ses rêves et de son journal intime. «<em>C’est grâce à Michael que je continue</em> », reconnaît Stephen. Celui-ci l’épaule au quotidien. « <em>Ce n’est pas le Stephen Show, c’est un projet commun !</em> ».</p>
<h3>Un musée participatif</h3>
<p>L’artiste se présente comme un « <em>commissaire d’exposition de choses</em> », qu’il collectionne, assemble ou que des visiteurs lui confient (lettres, poèmes, lunettes, cendres, premières dents de lait…). Dans le jardin, les poupées ont colonisé chaque recoin. Beaucoup viennent de Paris, rapportées en Eurostar. Bras cassés, jambes manquantes, visages défraîchis, elles semblent avoir vécu plusieurs vies. <span data-pullquote="« J’aime les imperfections, ma poupée préférée a le visage écrasé par une voiture… »">«<span class="has-pullquote" data-pullquote=" J’aime les imperfections"> J’aime les imperfections</span>, ma poupée préférée a le visage écrasé par une voiture… »</span>. Une visiteuse résume bien l’atmosphère comme « une maison où les poupées viennent mourir ».</p>
<p><img class="aligncenter wp-image-183979 size-full" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/09/img_2378-2.jpg" alt="The House of Dreams © Elisabeth Blanchet Burgot " width="1000" height="750" /></p>
<h3>Esprits, êtes-vous là ?</h3>
<p><em> À l’intérieur, les «</em> sculptures de réconfort », dont l’une porte les vêtements de sa mère, sont conçues pour être serrées dans les bras ou prises par la main.<span class="has-pullquote" data-pullquote=" « Ce ne sont pas des fantômes mais des esprits, des présences amicales »"> « Ce ne sont pas des fantômes mais des esprits, des présences amicales »</span>, explique Stephen. Sur les murs, photos, collages et «<em> memory boxes</em> » évoquent ses parents, son enfance, la mort et la perte. Une façon de déposer la douleur sur les murs pour s&#8217;en libérer. Entre bazar fantasque, cabinet de curiosités et mausolée mélancolique, la visite déroute. « <em>Je ne veux pas que les gens passent un moment facile ici</em> ». Une photo rappelle un père, un texte arrache une larme, un objet évoque un rêve oublié. Chacun repart avec une image, une émotion, un souvenir qui n’était peut-être pas le sien. The House of Dreams ne raconte pas seulement les rêves de Stephen : elle réveille les nôtres.</p>
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		<title>Museum of Youth Culture</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 03:04:17 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Reportage]]></category>
		<category><![CDATA[Elisabeth Blanchet]]></category>
		<category><![CDATA[London]]></category>
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		<category><![CDATA[reportage]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Tout commence en 1997, dans le jardin d&#8217;une maison londonienne, quand Jon Swinstead se met à collectionner des photos des nuits de la capitale. Trente ans et plus de 150 000 objets plus tard, cette pile de tickets, badges, flyers, fanzines et vêtements bricolés a enfin trouvé un toit : le Museum of Youth Culture, ouvert en juin 2026 au cœur de Camden. La visite démarre dans un joyeux capharnaüm – bar, salle de jeux, photomaton argentique, boutique de vinyles Rough Trade – avant de plonger dans cent ans d&#8217;adolescence britannique. <span data-pullquote="« Un musée consacré aux années ados, ça n'existait pas. Pourtant c'est l'âge où il se passe un truc chimique dans la tête : le risque devient soudain plus tentant qu'effrayant »">« Un musée consacré aux années ados, ça n&#8217;existait pas. Pourtant c&#8217;est l&#8217;âge où il se passe un truc chimique dans la tête : le risque devient soudain plus tentant qu&#8217;effrayant »</span>, lance Jon Swinstead, la cinquantaine facétieuse&#8230; Avec Lisa der Weduwe, responsable de la programmation, il a voulu raconter les sous-cultures par ceux qui les vivent plutôt que par leurs icônes : « <em>ceux qui achètent les disques, vont aux concerts, portent les vêtements </em>». Une histoire plurielle, nourrie par les cultures caribéennes, africaines et sud-asiatiques, les scènes queer et nocturnes. <span class="has-pullquote" data-pullquote="« C'est le mélange qui fait la culture britannique. Sans immigration, elle serait beaucoup plus ennuyeuse »">« C&#8217;est le mélange qui fait la culture britannique. Sans immigration, elle serait beaucoup plus ennuyeuse »</span>, insiste Jon.</p>
<h3>Teenage dreams are made of this</h3>
<p>Au sous-sol, une fresque déroule un siècle de tribus, des flappers aux ravers, des punks aux emos, des mods aux fans de K-pop. Une histoire volontairement incomplète, sans cesse enrichie par les dons du public : une chemise d&#8217;uniforme couverte de messages, un sac Northern Soul peint à la main, un Walkman vintage&#8230; « <em>Ce qui m’intéresse, c’est ce que les gens ont touché, personnalisé, fait eux-mêmes</em> », confirme Jon. Dans le Youth Club, un collectif de 16-23 ans a imaginé l&#8217;exposition<em> Things I Lied to My Parents About</em> : un mur de confessions manuscrites sur les petits mensonges de l&#8217;adolescence. Plus loin, une chambre reconstituée version confinement raconte une jeunesse mise sur pause. «<em> On ne parle pas à la place des jeunes : on leur laisse le micro. Deux jours par semaine, le musée leur est réservé, notamment aux écoles</em> ».</p>
<div id="attachment_182849" style="width: 1010px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-full wp-image-182849" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2026/09/museum-of-youth-culture.jpg" alt="Museum of Youth Culture press day. Camden London ©  Debbie Sears" width="1000" height="732" /><p class="wp-caption-text">Museum of Youth Culture press day. Camden London © Debbie Sears</p></div>
<h3>Le grand mix</h3>
<p>Direction la grande salle, joyeuse fête foraine où un siècle de looks et de sons se télescopent sans chronologie, entre affiches, badges et cassettes. Sous l&#8217;écran géant trône un impressionnant sound system Monitor Audio conçu par Linett Kamala, artiste sonore et figure du Notting Hill Carnival, qui a imaginé cette installation hi-fi géante en hommage à la culture des sound systems caribéens, pour une écoute immersive au cœur de la pièce. Une cabine téléphonique permet, elle, d&#8217;enregistrer ses souvenirs. <span class="has-pullquote" data-pullquote="« Je voulais que l'ado de 17 ans et la dame de 65 ans ressentent la même joie, sans séparer les générations : être jeune, c'est se retrouver, s'enthousiasmer, être survolté »">« Je voulais que l&#8217;ado de 17 ans et la dame de 65 ans ressentent la même joie, sans séparer les générations : être jeune, c&#8217;est se retrouver, s&#8217;enthousiasmer, être survolté »</span>, confie Lisa der Weduwe. Par définition en mouvement, le musée sillonne aussi le Royaume-Uni, de salles des fêtes en pubs, pour collecter objets et récits, avant d&#8217;ouvrir des antennes à Birmingham puis Glasgow. De quoi prolonger le frisson, comme à l’adolescence.</p>
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