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	<title>LM magazine &#187; ING Art Center</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Hahaha. L&#8217;Humour de l&#8217;art</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Dec 2021 04:45:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>« Rien n’est assez sérieux pour être pris au sérieux », disait Marcel Duchamp. Pourtant, la place de l&#8217;humour fut largement occultée...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><em>« Rien n’est assez sérieux pour être pris au sérieux »</em>, disait Marcel Duchamp. Pourtant, la place de l&#8217;humour fut largement occultée dans l&#8217;histoire de l&#8217;art « par essence synonyme de bon goût, d&#8217;élitisme, resitue Anne Petre, responsable de l’art chez ING en Belgique. Durant des siècles, les principaux commanditaires furent tout de même l&#8217;Église ou les familles royales&#8230; ». Pas de quoi se fendre la pipe, en effet. C&#8217;est au milieu du xixe siècle que les zygomatiques commencent à tressaillir, avec l&#8217;avènement de la presse illustrée. Des caricaturistes comme Daumier vont alors s&#8217;en prendre au petit monde fermé des &#8220;Salons&#8221;. Ils tournent en dérision oeuvres, artistes ou collectionneurs et permettent de populariser ce domaine réservé. C&#8217;est aussi tout l&#8217;enjeu de cette exposition, réunissant quelques francs-tireurs, de Magritte à Picabia, en passant par Wim Delvoye ou <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2016/04/01/jacques-charlier-2/" target="_blank">Jacques Charlier</a>.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/3LWbfkAURvY" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Pipi, caca </strong></p>
<p>Parmi eux, Marcel Duchamp fait figure de totem, excellant dans des calembours que n&#8217;auraient pas reniés les Nuls, à l&#8217;instar de cette fausse publicité pour le parfum <em>Belle Haleine. Eau de voilette</em>. On doit surtout au Français le canular le plus célèbre de tous les temps. En 1917, le jury de la Société des artistes indépendants de New York commet l&#8217;imprudence de ne refuser aucune oeuvre qui lui sera soumise. Duchamp lui envoie un urinoir en faïence, acheté dans un magasin de sanitaire et signé &#8220;R.Mutt&#8221;. L&#8217;objet est évidemment recalé&#8230; Au-delà de la blague, le trublion échafaude ici les bases de l&#8217;art conceptuel. <em>« Il pose la question du beau, qu&#8217;il dissocie de l&#8217;art</em>, commente Anne Petre. <em>Par ce geste, il privilégie l’idée, le message plutôt que la forme »</em>. On le voit, l&#8217;humour permet d&#8217;aborder des sujets très sérieux. <em>« C&#8217;est une forme de transgression mais aussi le moteur de l&#8217;avant-garde »</em>. Dans la même veine scatologique, l&#8217;Italien Piero Manzoni produit en 1961 des boîtes de conserve contenant, dit-il, 30 grammes de ses propres excréments et qu&#8217;il vend à prix d&#8217;or, <em>« interrogeant cette fois la notion de valeur »</em>. Est-ce de l&#8217;art ou du cochon ? À vous de voir.</p>
<hr />
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Œuvres commentées</strong></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><em>Et le soleil s&#8217;endormit sur l&#8217;Adriatique</em></span></p>
<div id="attachment_126815" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2021/12/hahaha-lhumour-de-lart7.jpg"><img class="size-full wp-image-126815" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2021/12/hahaha-lhumour-de-lart7.jpg" alt="1910, huile sur toile, Mairie de Milly-la-Forêt. © Espace culturel Paul Bédu, Milly-la-Forêt (Essonne)" width="800" height="581" /></a><p class="wp-caption-text">1910, huile sur toile, Mairie de Milly-la-Forêt. © Espace culturel Paul Bédu, Milly-la-Forêt (Essonne)</p></div>
<p>Cette huile sur toile fut présentée en 1910 à Paris, au très sérieux Salon des indépendants. <em>« Cette peinture a alors tout pour plaire</em>, resitue Anne Petre. <em>Elle est très avant-gardiste, colorée, évoquant le postimpressionnisme, voire le fauvisme »</em>. Mais qui est donc son auteur, le mystérieux Joachim Raphaël Boronali ? Eh bien&#8230; un âne. Plus précisément le dénommé &#8220;Lolo&#8221;, mascotte du cabaret Le Lapin agile à Montmartre. Dans les faits, un petit groupe de blagueurs a fixé un pinceau sur la queue de l&#8217;animal. <em>« C&#8217;est l&#8217;un des premiers canulars de l&#8217;histoire de l&#8217;art, et il entraîne son lot de questions : Est-ce une oeuvre ? Qui est l&#8217;auteur ? L&#8217;âne ? Celui qui a eu l&#8217;idée ?</em> ». Une chose reste sûre : plus d&#8217;un siècle après, le tableau est toujours aussi poilant.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><em>La Vénus d&#8217;Amersfoort</em></span></p>
<div id="attachment_126816" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2021/12/hahaha-lhumour-de-lart8.jpg"><img class="size-full wp-image-126816" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2021/12/hahaha-lhumour-de-lart8.jpg" alt="Marcel Mariën, La Vénus d'Amersfoort, 1982, plâtre peint, La Louvière, Collection Province de Hainaut © SABAM Belgium 2021" width="800" height="987" /></a><p class="wp-caption-text">Marcel Mariën, La Vénus d&#8217;Amersfoort, 1982, plâtre peint, La Louvière, Collection Province de Hainaut © SABAM Belgium 2021</p></div>
<p>Connaissiez-vous Marcel Mariën ? On doit à ce surréaliste belge quelques aphorismes imparables comme <em>« les cannibales n&#8217;ont pas de cimetière »</em>. Et donc ce plâtre peint. Intitulé <em>La Vénus d&#8217;Amersfoort</em>, celui-ci marque la rencontre improbable entre la Vénus de Milo et le sens de la géométrie et des aplats colorés de Mondrian (né à Amersfoort). Cette &#8220;Mondrianité&#8221; figure parmi d’autres parodies d’oeuvres du Hollandais. Son style, facile à reproduire (même sur des meubles ou des bouteilles de shampoing !) est tourné en dérision par nombre d’artistes, d’Ernest T. à Sylvie Fleury, qui interrogent les notions d’authenticité et de créativité. <em>« On peut y voir une critique mais aussi un hommage »</em>, commente Anne Petre. Qui aime bien châtie bien !</p>
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		<title>Revolutions – Records &amp; Rebels. 1966-1970</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Jan 2019 04:25:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[manager]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
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		<category><![CDATA[Revolutions – Records & Rebels. 1966-1970]]></category>
		<category><![CDATA[Rock]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Ce chambardement démarre par une grosse crise d&#8217;adolescence. Au pays de l&#8217;Oncle Sam, les baby-boomers s&#8217;ennuient ferme. En Europe, ils sont lassés de leurs parents trop conservateurs (marqués par deux guerres mondiales, tout de même), alors que l&#8217;économie tourne à plein régime. <em>« Cette jeunesse a soif de liberté</em>, précise notre guide, Dagmar Ghesquière. <em>Elle a envie de dépenser, de s&#8217;amuser, de vivre »</em>. C&#8217;est pourquoi elle va prendre la main sur la mode, la musique, le cinéma, la politique…</p>
<div id="attachment_94253" style="width: 210px" class="wp-caption alignright"><img class="size-medium wp-image-94253" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/12/xpo_revolutions-records-rebels-027-200x300.jpg" alt="© Vincent Everarts " width="200" height="300" /><p class="wp-caption-text">© Vincent Everarts</p></div>
<p><strong>Good trip</strong></p>
<p>Casque sur les oreilles, nous déambulons dans les deux étages du parcours au rythme d&#8217;une BO de circonstance (Jefferson Airplane, The Rolling Stones…). La visite débute au cœur du Swinging London, marqué par ses fringues légères et colorées rappelant les clubs et boutiques de Carnaby Street. Son égérie est une poids plume de 16 ans aux yeux immenses et surlignés d&#8217;eyeliner : Twiggy. Les jupes et les cheveux sont courts mais les idées élargies, grâce au LSD par exemple, dont on observe ici quelques buvards. Nous sommes en plein psychédélisme. Les Beatles n&#8217;y échappent pas, accouchant de<em> Sgt. Pepper&#8217;s Lonely Hearts Club Band</em>. D’ailleurs, on admire ici le costume porté par Lennon sur la pochette de cet album mythique, et le manuscrit de <em>Lucy in the Sky with Diamonds</em> !</p>
<p><strong>Prise de conscience</strong></p>
<p><em>« Cette génération hédoniste n&#8217;achète plus par besoin, mais par envie »</em>, soutient Dagmar. C&#8217;est le début de la société de consommation, et l&#8217;explosion de la publicité. L&#8217;URSS et les USA se disputent la Lune et les Terriens contemplent ces expéditions sur leurs premières télévisions, bien calés dans des fauteuils aux lignes arrondies (telle cette Globe Chair d&#8217;Eero Aarnio). Ces années fascinent aussi par le rejet de la culture dominante. Une partie de la jeunesse s&#8217;élève contre les gouvernements et l&#8217;autoritarisme en général : manifestations contre la guerre du Vietnam, Mai 68, <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2018/10/01/power-to-the-people/" target="_blank">Black Panthers</a>, revendications gays et féministes.</p>
<div id="attachment_94254" style="width: 310px" class="wp-caption alignleft"><img class="size-medium wp-image-94254" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2018/12/xpo_revolutions-records-rebels_hp9100a-calculator-300x200.jpg" alt="Hewlett-Packard, HP 9100A calculator, 1968 © Julien Damien" width="300" height="200" /><p class="wp-caption-text">Hewlett-Packard, HP 9100A calculator, 1968 © Julien Damien</p></div>
<p>Symbole de cette impatience, Jimi Hendrix assassine l&#8217;hymne américain avec sa guitare, le mêlant au son des bombes. A Woodstock justement, les hippies n&#8217;ont cure de l&#8217;avènement des ordinateurs personnels (le Hewlett-Packard 9100A), trop occupés à faire l&#8217;amour (merci la pilule contraceptive). Entre deux volutes suspectes, ils s&#8217;interrogent : ce consumérisme effréné ne serait-il pas en train de tuer Dame Nature ? Arrivent les seventies, et la naissance de Greenpeace. En vain ? L&#8217;exposition s&#8217;achève. Dans notre casque résonne <em>Imagine</em>. Oui, il n&#8217;y a plus qu&#8217;à tout recommencer.</p>
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