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	<title>LM magazine &#187; Blur</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Stephen Street</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Mar 2016 01:45:22 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Le monde pleure David Bowie ce lundi 11 janvier. Stephen Street confie que <em>Ziggy Stardust</em> est le premier vinyle qu’il s’est acheté. Et question disques, notre homme en connaît un rayon. Il en produit depuis les années 1980. En quoi consiste son job ? <em>« C’est un peu comme réaliser un film »</em>, explique Stephen, 55 ans, devant les consoles du studio où il travaille, The Bunker, dans le sud-est de Londres. <em>« Mon rôle, c’est d’aider à modeler le son d’un groupe à un moment de son histoire</em> ». La sienne débute à la fin des années 1970. Stephen galère en tant que guitariste. <em>« Je passais d’une formation à l’autre mais ça ne menait nulle part »</em>. A l’époque, de jeunes ingénieurs du son s’étaient mués en producteurs de type postpunk ou new-wave, comme Steve Lillywhite avec Siouxsie and The Banshees. <em>« Je me suis dit : pourquoi pas moi ? »</em>. Après avoir frappé à plusieurs portes, c’est finalement Island Records qui lui ouvre les siennes. <em>« Un super label, j’avais 22 ans, j’y ai commencé comme assistant »</em>. Au bout de deux ans, il devient ingé-son.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/TjPhzgxe3L0" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Bonne étoile –</strong> <em>« Tout allait bien, on produisait du haut de gamme mais ma vraie percée, celle dont tout le monde a besoin dans l’industrie, eut lieu avec les Smiths »</em>. Rough Trade, le label du groupe mancunien, avait réservé le studio un week-end. <em>« Mon manager m’a demandé si je pouvais m’en occuper. J’ai dit oui ! Et voilà comment nous avons enregistré </em>Heaven Knows I‘m Miserable Now<em> et </em>Girl Afraid<em> en 1984. J’ai tout fait pour les impressionner et leur ai laissé mon numéro de téléphone sans trop y croire&#8230; »</em>. Quelques mois passent, puis Rough Trade l’appelle : les Smiths cherchent à produire leur deuxième album avec quelqu’un de confiance. <em>« C’était ma chance. Tellement excitant pour moi de travailler avec eux. On était comme des gamins du même âge dans un magasin de bonbons sans adultes autour de nous »</em>. Cette collaboration durera jusqu’en 1987 et la sortie de leur ultime disque, <em>Strangeways, Here We Come</em>. Observer, <em>« attraper le bon son »</em>, influencer la musique comme un membre de l’équipe et finalement co-produire, tel est le but de Stephen. <em>« Bien sûr, il faut ressentir un lien émotionnel et stylistique avec les morceaux en question. Je ne bosse qu’avec des groupes que j’aime et auxquels je peux apporter quelque-chose »</em>.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/cJRP3LRcUFg" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Viva Morrissey –</strong> <em>« Quand les Smiths se sont séparés, j’ai décidé d’envoyer mes chansons à Morrissey »</em>. Stephen savait que le chanteur et Johnny Marr ne fonctionnaient pas de manière conventionnelle. Johnny composait de son côté et donnait ses cassettes à Morrissey qui y ajustait ensuite des textes extraits de ses carnets. Stephen soumet donc un de ses enregistrements au grand homme&#8230; qui accepte de sortir son premier album solo avec lui ! <em>« J’ai tout laissé tomber pour me consacrer à ce qui allait devenir </em>Viva Hate.<em> Le succès fut immédiat et je me souviens de l’entrée au hit-parade de</em> Suedehead<em>, le jour de la naissance de mon fils aîné, le 21 février 1988 »</em>. Hélas, les deux hommes se brouillent pour des histoires de royalties. Stephen crée alors son propre label &#8211; Foundation -, distribué par Rough Trade. <em>« Ce n’était pas le bon moment, on était en pleine récession à la fin des années 80. L’industrie implosait, Rough Trade allait mal… J’avais investi mon propre argent et ça ne marchait pas. A un moment, j’ai dit stop</em> ».</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/0AvuweztG4Q" width="420" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Le petit groupe qui monte –</strong> Le Londonien n’est pas misérable pour autant. Après avoir produit le premier opus des Cranberries, qui reste son plus grand succès international, il s’intéresse surtout à un petit nom qui monte : Blur. <em>« Leur single </em>She’s So High<em> m’a vraiment séduit. J’ai tout de suite vu qu’ils avaient quelque chose… »</em>. Damon Albarn et ses comparses acceptent de rencontrer Stephen dans un pub de l’ouest londonien. <em>« On s’est très bien entendus, on a fait une session test en studio et </em>There’s No Other Way<em> est sorti »</em>. Certes, la maison de disques de Blur retient un autre producteur pour le deuxième album mais Stephen ne lâche pas l’affaire. <em>« J’ai parlé avec Graham Coxon au détour d’un concert. Il doutait et avouait que ce dernier enregistrement s’était mal passé… »</em>. Stephen le rassure et quelques jours plus tard, Damon Albarn lui demande de réaliser le fameux <em>Parklife</em>. La magie opère de nouveau : <em>« J’étais encore plus connecté avec eux qu’avec les Smiths. Comme moi, ils sont de Londres, on sortait ensemble, Graham est devenu un très bon ami. On pouvait faire n’importe quoi, ça sonnait toujours de manière unique. Damon est à un tel niveau… »</em>. Mais après avoir produit les mythiques <em>Parklife</em> (1994), <em>The Great Escape (</em>1995) et <em>Blur</em> (1997), l’aventure s’interrompt à nouveau&#8230; avant un retour en force en 2015 à la faveur de <em>The Magic Whip</em>.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/LJzCYSdrHMI" width="420" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Pete, Aline et les autres…</strong> <strong>– </strong>Parmi les artistes épaulés par Stephen, Pete Doherty tient une place particulière. <em>« J’ai beaucoup d’affection pour lui. C’est un être humain merveilleux et un compositeur fantastique. Le problème avec Peter, c’est son style de vie et tous ces “vampires” qui l’entourent. J’ai essayé de le soutenir mais ce n’est pas facile. Parfois, on voit dans ses yeux qu’il lutte pour survivre »</em>. Avec Doherty, Stephen se remet à la guitare, inclut Graham Coxon et le trio part en tournée. <em>« C’est ainsi qu’à 50 ans je me suis retrouvé à jouer sur scène à Glastonbury ! »</em>. Côté français, c’est pour les Marseillais d’Aline que Stephen a craqué. <em>« Ce sont eux qui m’ont approché. D’habitude je ne travaille pas avec des groupes étrangers car je tiens à comprendre les paroles ! Mais j’ai fait une exception car leur son me plaisait et j’aime les voix françaises sur la pop »</em>. L’enregistrement se déroule à Bruxelles, et accouche du très réussi <em>La Vie électrique</em>. <em>« La France m’intrigue musicalement. Il y a tellement d’influences. Le reggae par exemple : chez vous c’est toujours en vogue alors qu’ici on n’en entend plus. Et puis il y a l’influence anglo-saxonne, africaine et des groupes comme Daft Punk, Air… Je pense que c’est une scène saine : le public est très positif en concert. A Londres, il peut être très cynique »</em>.</p>
<p><iframe src="https://www.youtube.com/embed/GwAexYtEivc" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Les temps changent –</strong> Stephen ne rêve pas d’une collaboration avec un artiste précis. <em>« Je cherche surtout de nouveaux talents et c’est d’ailleurs pour ça que je suis connu ! En ce moment je bosse avec le prometteur Tibet »</em>. Mais les temps ont changé et le métier de producteur est en voie de disparition. <em>« Les ventes de disques sont tellement faibles aujourd’hui que les budgets de production sont eux-mêmes insignifiants</em> ». Il ajoute que de plus en plus de musiciens arrivent en studio avec des maquettes élaborées <em>« à la maison »</em> grâce aux nouvelles technologies, et ont seulement besoin d’un ingénieur pour mixer le tout… Toutefois, Stephen garde son éternelle fraîcheur, à l’affût d’un nouveau magasin de bonbons à dévaliser !</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Damon Albarn</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Mar 2014 13:17:14 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Même si, question <a href="https://www.youtube.com/watch?v=rfNqyjZcleI" target="_blank">punchlines, humour et recul sur son oeuvre,</a> on lui préférera toujours Noel Gallagher, faut reconnaître que Damon Albarn s&#8217;est imposé comme l&#8217;un des génies de ces vingt dernières années &#8211; au moins.<br />
Aujourd&#8217;hui, l&#8217;ex-Blur / The Good, The Bad And The Queen/Gorillaz &#8211; on en passe &#8211; vient de signer un mix pour <a href="http://www.factmag.com/" target="_blank">Fact Mag</a>.<br />
On y retrouve quelques-unes des marottes du Londonien, depuis le maître Henry Mancini jusqu&#8217;au champion de l&#8217;ethio-jazz Mulatu Astatke, en passant par le patron de l&#8217;excellent label Cómeme <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2013/05/26/matias-aguayo-le-globe-trotter/" target="_blank">Matias Aguayo</a> ou le flingué Tupac.<br />
Et vous savez quoi ? Vu la versatilité du blondinet, pas sûr que cette liste nous en apprenne beaucoup sur son &#8220;premier&#8221; album solo très, très attendu. (<em>Everyday Robots</em>, sortie le 28.04)</p>
<p><iframe src="https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/142247820%3Fsecret_token%3Ds-2zYwe&amp;color=ff5500&amp;auto_play=false&amp;hide_related=false&amp;show_artwork=true" height="166" width="100%" frameborder="no" scrolling="no"></iframe><br />
La liste de jeu :</p>
<p>01. Joaquin Phoenix, Intro; Dog Harp Fireworks<br />
02. Erykah Badu, ‘Strawberry Incense’<br />
03. The Guinness Cassanovas, ‘Stormy’<br />
04. Matias Aguayo, ‘El Sucu Tucu’<br />
05. Damon Albarn, ‘Electric Demo’<br />
06. East Side Symphony, ‘Hot Pants Road’<br />
07. Henry Mancini, ‘Lujon’<br />
08. Prince Charles and The City Beat Band, ‘Cash (Money)’<br />
09. K Frimpong And His Cubanos Fiesta, ‘Kyenkyen Bi Adi M’awu’<br />
10. Holly Golightly And The Greenhornes, ‘There Is An End’<br />
11. The Great Beauty soundtrack<br />
12. Dengue Fever, ‘One Thousand Tears Of A Taratula’<br />
13. Mulatu Astatke, ‘Yegell’e Teleta (My Own Memory)’<br />
14. 2 Pac And Friends, ‘California Love’<br />
15. Damon Albarn, ‘You and Me’<br />
16. The Man in the Rain Coat soundtrack</p>
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		<title>Agnès Gayraud</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Jul 2013 15:00:14 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Qu’est ce que la pop ? Vaste question ! Je dirais que la popse définit entre autres par ses techniques d’enregistrement, son...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Qu’est ce que la pop ?</strong><br />
Vaste question ! Je dirais que la popse définit entre autres par ses techniques d’enregistrement, son format, ses instruments. Il faut aussi parler des liens avec l’industrie, qui favorise sa diffusion et souligne une tension entre culture populaire et underground. Kurt Cobain demeure un bon exemple de ce déchirement.</p>
<p><strong>Vos recherches portent sur le philosophe allemand Adorno (1903-1969). Quel est l&#8217;apport de sa pensée à l&#8217;étude de la pop ?<br />
</strong>Lors de son exil à New-York, en 1938, il s&#8217;est associé à un laboratoire de recherche sur les radios. Selon lui, la pop représente une forme de décadence de la musique occidentale. Il ne s&#8217;y intéresse pas pour ses qualités artistiques, mais en tant qu&#8217;objet limité. Pourtant,on peut se servir de ses thèses pour défendre la pop.</p>
<p><strong>Opposeriez-vous pop et musiques savantes ?</strong><br />
Non, ce sont deux formes différentes. La pop est trop souvent infériorisée par rapport à des formes plus savantes. Or, il n&#8217;est pas plus facile d&#8217;écrire une bonne pop song qu&#8217;une pièce de musique concrète. D&#8217;ailleurs, ces deux branches de la musique dialoguent parfois.</p>
<p><strong>C&#8217;est-à-dire ?</strong><br />
Il existe des passerelles. La posture de Can, par exemple, ou d&#8217;autres artistes influencés par Stokhausen peut paraître savante, mais ces groupes demeurent pop. Et si l&#8217;on trouve leurs disques au milieu d&#8217;albums de Nirvana ou Blur, on trouve rarement des disques de Can chez les fans de musique concrète.</p>
<p><strong>Y a-t-il de la pop dans la philosophie ?</strong><br />
Oui, il y a la Pop philosophie, terme inventé par Gilles Deleuze dans les années 70. Ce courant se penche sur des objets du quotidien. Mais cette &#8220;tradition&#8221; philosophique remonte aux <em>Mythologies</em> (1957) de Roland Barthes. Paradoxalement, ces philosophes pop se sont souvent penchés sur l&#8217;image, films ou séries, moins sur la musique.</p>
<p><strong>Vous réclamez-vous de ce courant ?</strong><br />
Non. Car souvent, il y a comme un rapport de supériorité, de distance légèrement ironique, dans cette démarche du philosophe sur son objet. De mon côté, j’essaie de garder un regard neutre sur la pop.</p>
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		<title>Bring the noise</title>
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		<pubDate>Mon, 20 May 2013 15:24:43 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>En feuilletant ce recueil, on est d’abord frappé par l’érudition de son auteur. Rock, hip-hop, musiques électroniques&#8230; Rien ne semble avoir échappé à son radar musical, et tout est abordé ici avec le même enthousiasme. Simon Reynolds est une machine à disséquer son environnement musical, à penser cet objet mouvant, parfois difficilement identifiable, qu’est la pop. Au final, l’ensemble ressemble davantage à un dictionnaire critique qu’à une vulgaire compilation de ressentis. Car Reynolds donne de l’importance à la musique, lui confère une consistance rarement atteinte. Armé d’un bagage critique et théorique puisant autant chez Barthes que chez Derrida (excusez du peu), nourri aux <em>cultural studies</em>, l’auteur réalise ce fantasme universitaire qui consiste à s’emparer d’une matière non noble pour la transformer en objet parfaitement digne d’intérêt. Disserter sur Dizzee Rascal, penser Morrissey, conceptualiser Pulp, fracasser Blur, voilà notamment ce à quoi invite Reynolds ; et plutôt bien d’ailleurs. Chaque article est accompagné d’une note contemporaine, regard rétrospectif parfois amusant du journaliste sur lui-même ; car, oui, il est parfois arrivé à Simon de se tromper… Et c’est plutôt rassurant. La pop n’est pas toujours une science exacte.</p>
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