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	<title>LM magazine &#187; Attracteur étrange</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>Mohamed Bourouissa</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Nov 2023 04:38:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Exposition]]></category>
		<category><![CDATA[Attracteur étrange]]></category>
		<category><![CDATA[LaM]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Bourouissa]]></category>
		<category><![CDATA[Villeneuve d'ascq]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p>Peut-on se situer à la fois en périphérie et au centre des choses ? C&#8217;est toute la question soulevée par cette exposition et, plus généralement, le travail de Mohamed Bourouissa. Depuis le début du millénaire, ce plasticien observe avec acuité la société contemporaine par le prisme des &#8220;invisibles&#8221;. Ou plutôt des<em> « écosystèmes parallèles »</em>, dit-il, et qu&#8217;il ne cesse d&#8217;imbriquer les uns dans les autres, pour mieux déconstruire les clichés. C&#8217;est par exemple la série photographique <em>Périphérique</em>, initiée durant les émeutes de 2005 en France, où il revisite le quotidien de jeunes des quartiers à travers des mises en scène rappelant des chefs-d&#8217;œuvre de la peinture classique (signés Delacroix, Géricault ou le Caravage). Comme pour les associer à la &#8220;grande histoire&#8221;. Citons aussi le film <em>Horse Day</em>, focalisant sur les cavaliers afro-américains de Philadelphie (et bousculant la mythologie du cowboy blanc) ou encore <em>Temps mort</em>, présentée au LaM. Réalisée en 2009 lorsqu&#8217;il était étudiant au Fresnoy, et baptisée en référence au premier album solo de Booba (duquel il réalisera aussi le clip de <em>Fœtus</em>), cette vidéo dévoile le quotidien d&#8217;un détenu, auquel l&#8217;artiste a confié un téléphone portable, lui permettant de &#8220;s&#8217;évader&#8221; de sa cellule durant quelques instants.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/87UJ1CfJH4g?si=46azJFr1BYQBQXrq" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Images volées<br />
</strong><br />
<em>« L&#8217;oeuvre de Mohamed est profondément sociale</em> », observe Marie-Amélie Senot, responsable du fonds d&#8217;art contemporain au musée de Villeneuve d&#8217;Ascq. Elle est aussi collaborative, l&#8217;intéressé voyant sa pratique comme<em> « un moyen de créer des connexions »</em>. Entre les gens bien sûr, mais aussi des sujets récurrents : il est ici question de contrôle, de rapports de force, de l&#8217;autorité&#8230; En témoigne le projet <em>Shoplifters</em>, dont le point départ est la découverte de clichés de voleurs à l&#8217;étalage, exhibés dans un supermarché de Brooklyn. <em>« Le patron du magasin les photographiait avec dans les mains l&#8217;objet qu&#8217;ils essayaient de dérober »</em>. Mohamed Bourouissa a soigneusement <em>« shooté »</em> puis restauré ces polaroids détériorés. Disposées sur des grilles, ces images agrandies révèlent des personnes démunies, prises &#8220;la main dans le sac&#8221;, parfois dépitées mais souvent souriantes. <em>« C&#8217;est une forme de défiance, de résistance. J&#8217;y vois aussi une généalogie de la surveillance, dont le paroxysme serait l&#8217;utilisation des caméras de reconnaissance faciale »</em>.</p>
<div id="attachment_153185" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-23.jpg"><img class="size-full wp-image-153185" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-23.jpg" alt="Vue de l'installation Seum, 2023, Mohamed Bourouissa © Nicolas Dewitte" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Vue de l&#8217;installation <em>Seum</em>, 2023, Mohamed Bourouissa © Nicolas Dewitte</p></div>
<p><strong>You&#8217;re Under Arrest<br />
</strong><br />
Lors de cette exposition, on admire aussi l&#8217;installation Seum, qui atteste de l&#8217;éclectisme du natif de Blida. Celle-ci raconte l&#8217;histoire d&#8217;un contrôle policier musclé &#8211; qu&#8217;il a lui-même subi, chez lui à Gennevilliers, voici un an. Sur les murs sont accrochées des sculptures en aluminium, figurant ici un visage écrasé contre une paroi, là une jambe bloquée ou une main saisissant un entre-jambe masculin. Au milieu de la pièce sont suspendues des aquarelles abstraites, tandis que résonne une musique aux accents doux, méditatifs, qu&#8217;il a composée. <em>« Lors d&#8217;une fouille, on ne s&#8217;appartient plus, on devient un objet, comme vidé de sa propre substance,</em> commente l&#8217;artiste. <em>Les dessins placés au centre illustrent cette envie de rentrer en soi-même pour s&#8217;échapper de l&#8217;extérieur, ce sont des pensées refuges »</em>. Une œuvre puissante, politique et qui nous embarque&#8230; sans résistance.</p>
<div id="attachment_153188" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-24.jpg"><img class="size-full wp-image-153188" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-24.jpg" alt="Vue de l'installation Seum, 2023, Mohamed Bourouissa © Nicolas Dewitte" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Vue de l&#8217;installation <em>Seum</em>, 2023, Mohamed Bourouissa © Nicolas Dewitte</p></div>
<p><strong><a href="https://www.lm-magazine.com/?p=153467" target="_blank">A LIRE ICI / L&#8217;INTERVIEW DE L&#8217;ARTISTE</a></strong></p>
<div id="attachment_153180" style="width: 302px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-153180" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-2-292x300.jpg" alt="Mohamed Bourouissa (c) Studio Bourouissa" width="292" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Mohamed Bourouissa (c) Studio Bourouissa</p></div>
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		<title>Mohamed Bourouissa</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2023/11/01/mohamed-bourouissa-3/</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Nov 2023 03:16:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
		<category><![CDATA[Attracteur étrange]]></category>
		<category><![CDATA[LaM]]></category>
		<category><![CDATA[LAM Villeneuve-D'Ascq]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Bourouissa]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Cette exposition s&#8217;ouvre avec vos dessins, une pratique moins connue mais fondamentale chez vous, n&#8217;est-ce pas ? Oui, pour moi tout a...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Cette exposition s&#8217;ouvre avec vos dessins, une pratique moins connue mais fondamentale chez vous, n&#8217;est-ce pas ?</strong> Oui, pour moi tout a commencé par là. Je n&#8217;ai pas baigné dans un milieu artistique et le dessin a été un forme de conversation avec les autres, un moyen de m&#8217;exprimer, plus que l&#8217;écriture en tout cas car je suis arrivé tard en France, et plus jeune j&#8217;ai rencontré des problèmes de dyslexie.</p>
<p><strong>Que dessiniez-vous alors ?</strong> Des personnages issus de <em>Dragon Ball Z</em> ou d&#8217;<em>Ulysse 31</em>, des dessins animés qui passaient à la télévision. Et surtout beaucoup de comics américains, comme Magnéto ou Wolverine, j&#8217;étais fasciné par ses griffes ! La culture populaire fut ma porte d&#8217;entrée dans l&#8217;art.</p>
<p><strong>Puis vous vous êtes révélé grâce à la photographie. Comment vous êtes-vous intéressé à ce médium ?</strong> J&#8217;ai d&#8217;abord préparé un brevet de technicien dessinateur-maquettiste, plus attiré par le côté &#8220;dessinateur&#8221; que &#8220;maquettiste&#8221; d&#8217;ailleurs&#8230; Je graffais aussi sous le nom de Meko, au sein du collectif EP4. Puis je suis rentré à l&#8217;université (<em>ndlr : à Paris 1 Panthéon-Sorbonne</em>) où j&#8217;ai appris l&#8217;histoire de l&#8217;art. Dans le même temps j&#8217;ai découvert le travail de <a href="https://www.lm-magazine.com/blog/2012/02/01/jamel-shabazz/" target="_blank">Jamel Shabazz</a>, qui photographiait les gens issus de la communauté noire américaine et l&#8217;émergence de la culture hip-hop, dans le New York des années 1970 et 1980. Son livre, <em>Back in the Days</em>, a été une bible pour moi. Et je me suis rendu compte qu&#8217;on ne voyait pas ce genre d&#8217;images ici, en France. C&#8217;est-à-dire de moi, de mes potes. J&#8217;ai alors décidé de les représenter aussi. J&#8217;ai acheté un Pentax d&#8217;occasion, puis passé plusieurs mois dans le quartier de Châtelet Les Halles et ça a donné <em>Nous sommes Halles</em>.</p>
<div id="attachment_153474" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-31.jpg"><img class="size-full wp-image-153474" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-31.jpg" alt="© Nicolas Dewitte" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">© Nicolas Dewitte</p></div>
<p><strong>Puis est venue la série <em>Périphérique</em>&#8230;</strong> Oui, c&#8217;est le projet qui m&#8217;a fait connaître, dans la continuité de <em>Nous sommes Halles</em>. Cette fois je me suis intéressé aux jeunes de banlieue, présentés dans des mises en scènes évoquant des classiques de la peinture, comme des tableaux photographiques.</p>
<p><strong>Vous multipliez les pratiques, entre le dessin, la vidéo, la photographie, la sculpture, le théâtre&#8230; Pourquoi ?</strong> Parce que je suis curieux ! Pour moi l&#8217;art est un terrain de jeu, une recherche constante. Je suis un éternel étudiant, j&#8217;apprends tous les jours. Mes sujets sont souvent les mêmes mais j&#8217;essaie de les aborder par d&#8217;autres prismes. J&#8217;ai aussi un défaut, qui est parfois une qualité : je suis très influençable. J&#8217;absorbe les choses, comme une éponge, et ça me permet de me remettre en cause perpétuellement.</p>
<p><strong>On dit souvent que vous vous intéressez aux &#8220;marges&#8221; de la société. Êtes-vous d&#8217;accord avec ça ?</strong> Ce qu&#8217;on appelle &#8220;les marges&#8221; n&#8217;en sont pas vraiment pour moi. Je parlerais plutôt &#8220;d&#8217;écosystèmes parallèles&#8221;, qui se croisent parfois, ou pas. Dans mon travail, j&#8217;essaie de créer de connexions, des ponts entre des mondes apparemment éloignés.</p>
<p><iframe src="https://player.vimeo.com/video/323728787?h=10d006e90d" width="640" height="360" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><a href="https://vimeo.com/323728787">Mohamed Bourouissa: Horse Day</a> from <a href="https://vimeo.com/biennial">Liverpool Biennial</a> on <a href="https://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p><strong>Dans l&#8217;installation <em>Seum</em>, dévoilée au LaM, vous mettez en scène un contrôle policier, menant à une forme une palpation poussée, et donc à la dépossession de son propre corps&#8230; Y a-t-il aussi une dimension politique dans votre travail ?</strong> Oui, bien sûr. C&#8217;est la partie visible. Des forces s&#8217;exercent sur les minorités, mais c&#8217;est lié à la structure même de nos sociétés. Quand j&#8217;étais plus jeune, en 1995 la France a été frappée par les attentats de Khaled Kelkal, et à ce moment-là je subissais trois contrôles par jour, alors que j&#8217;étais encore adolescent&#8230; Ces sujets infusent forcément mon travail. Pour tout dire, cette sculpture représentant une main qui saisit un entrejambe masculin et que l&#8217;on voit dans cette installation, c&#8217;est du vécu. J&#8217;ai subi cette fouille de la part d&#8217;un policier, il y a un an, à Gennevilliers où j&#8217;habite. Cet épisode m&#8217;a en partie donné envie de réaliser cette œuvre qui évoque le rapport de force, la domination masculine.</p>
<div id="attachment_153185" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-23.jpg"><img class="size-full wp-image-153185" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-23.jpg" alt="Vue de l'installation Seum, 2023, Mohamed Bourouissa © Nicolas Dewitte" width="800" height="533" /></a><p class="wp-caption-text">Vue de l&#8217;installation <em>Seum</em>, 2023, Mohamed Bourouissa © Nicolas Dewitte</p></div>
<p><strong>Dans cette oeuvre vous évoquez aussi la liberté de l&#8217;esprit, qui tente de s&#8217;enfuir de cette violence extérieure. S&#8217;agit-il d&#8217;une forme de résilience ?</strong> À un moment j&#8217;évoquais beaucoup ce terme, mais j&#8217;en suis revenu car il est problématique. Certes il sous-entend un dépassement, mais aussi une forme d&#8217;acceptation de la situation. Il faudrait inventer un nouveau mot, qui traduirait en même temps la résistance et l&#8217;émancipation, la transformation&#8230;</p>
<p><strong>Pour l&#8217;affiche de cette exposition au LaM, vous vous mettez en scène avec une mygale vous grimpant sur le cou. Pourquoi ?</strong> C&#8217;était un moment très impressionnant et j&#8217;ai senti une connexion quasiment mystique, spirituelle avec cet être élégant et pourtant très fragile. Nous ressentons une peur ancestrale face à cet animal, intégrée dans notre inconscient, et j&#8217;essaie justement de déconstruire ce qui est ancré en nous&#8230;</p>
<div id="attachment_153473" style="width: 810px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-3.jpg"><img class="size-full wp-image-153473" src="https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/11/mohamed-bourouissa-3.jpg" alt="(c) N. Dewitte" width="800" height="1000" /></a><p class="wp-caption-text">(c) N. Dewitte</p></div>
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