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	<title>LM magazine &#187; Aeronef</title>
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	<description>Cultures et tendances urbaines</description>
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		<title>NewDad</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Sep 2025 22:13:20 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Galway : située aux portes du Connemara, cette cité portuaire fut chantée par The Pogues et le leader des Chieftains y possédait un pub. Ceci posé, pas une once de tradition gaélique chez NewDad, excepté une mélancolie toute irlandaise. Ces vagues à l’âme sont ici sublimés par des déluges de guitares et des avalanches de réverb’. Ces quatre-là ont la vingtaine, mais leurs références se situent bien avant leur naissance. Car outre un cousinage évident avec leurs contemporains (Daughter, Just Mustard) c’est bien du côté des eighties (<em>Disintegration</em>, de The Cure) et plus encore des nineties que se situent leurs références. On pense tout à trac, face à ces guitares nuageuses et orageuses, à ce chant vaporeux, à leurs compatriotes de My Bloody Valentine, à une bonne partie du catalogue 4AD mais aussi à toute cette scène américaine qui, Nirvana en tête, conjuguait spleen et boucan. Fort heureusement, ces Britanniques ne se contentent pas de simples pastiches, et leurs chansons tiennent debout toutes seules. À leur tour d’inspirer de nouvelles générations.</p>
<p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QOeTyiTjy3g?si=xsOLKlzqhmyArYsV" title="YouTube video player" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
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		<title>Sustain</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Sep 2025 06:45:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>« Peut-on encore organiser un concert comme on le faisait il y a trente ans ? », se demande Benoît Olla, le...</p>
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				<content:encoded><![CDATA[<p><em>« Peut-on encore organiser un concert comme on le faisait il y a trente ans ? »</em>, se demande Benoît Olla, le directeur de <a href="https://aeronef.fr/" target="_blank">l&#8217;Aéronef. </a>À l&#8217;heure du péril climatique, la question mérite d&#8217;être posée &#8211; à vrai dire, c&#8217;est maintenant ou jamais. Concrètement, comment le secteur culturel, en l&#8217;occurrence musical, peut-il devenir plus éco-responsable ? Sustain offre justement l&#8217;occasion d&#8217;y réfléchir, et de tester d&#8217;autres façons de travailler, pour les décliner tout au long de l&#8217;année &#8211; et pourquoi pas faire des émules ? Outre des tables rondes (où l&#8217;on apprendra comment la techno peut changer le monde ou s&#8217;il faut être bobo pour être écolo), il y a par exemple question du déplacement du public (les deux tiers de l&#8217;empreinte carbone de l&#8217;Aéro). A cet effet, l’&#8221;Aéro Easy Go&#8221;, lancé en 2021, permet déjà un remboursement du ticket aller-retour pour les personnes utilisant les transports en commun, de connecter piétons et automobilistes… Il y a aussi la &#8220;contribution carbone volontaire&#8221; compensant l&#8217;impact du moyen de transport, tandis que le &#8220;concert-score&#8221; permet d’évaluer l&#8217;impact environnemental d’un concert en direct !</p>
<p><strong>Cœur de coureur</strong></p>
<p>Et du côté artiste ? On diminue <em>« la surenchère technique »</em> (moins d&#8217;effets de lumière ou de matériel sur scène), on les incite à opter pour la mobilité douce (ils débarquent à Lille en van, en train&#8230; mais pas en avion !) le tout sans attenter à l&#8217;exigence propre à la salle lilloise, ni culpabiliser personne. <em>« C&#8217;est avant tout un manifeste joyeux, pas une leçon de morale ! »</em>. Pour cette deuxième édition, on attend par exemple Léonie Pernet (et ses <em>Poèmes pulvérisés</em>), la mélancolie douce de Sophie Jameson, French79 ou Dominique A (qu&#8217;on ne présente plus). On découvre aussi des nouvelles têtes (la rappeuse lilloise Lynx IRL et ses beats UK) et des initiatives sortant des sentiers battus. Ainsi du pianiste Melaine Dalibert qui, en traileur aguerri, joue directement chez l&#8217;habitant (pour peu qu&#8217;il ait un piano)&#8230; en courant d&#8217;une maison à l&#8217;autre &#8211; histoire de garder le bon tempo !</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/yAv5pLO37mE?si=Xpew4Qmdjo61Ot_y" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/ed4oGTX7ESU?si=Gxp0WvMbrxfF1jhK" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/WWrQRQW5o5c?si=i3ElOv3FRBMzD3NS" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>caroline</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 22:39:26 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Inclassables, les chansons de caroline doivent autant à d’antiques traditions qu’à une approche résolument (post) moderne. Ces huit Mancuniens se partagent guitare, basse, batterie, violon, trompette (entre autres) et dessinent des paysages post-rock rehaussés de country, de jazz, de noise, d’improvisation… Parfois rapproché des bien plus exubérants Black Country, New Road, ce collectif s’avance plutôt en héritier de Tortoise &#8211; pas un petit compliment. Dernière preuve de leur ouverture d’esprit : s’est invitée sur <em>caroline 2</em>, leur dernier album, une homonyme nommée Caroline… Polachek. Un vrai séminaire de têtes chercheuses pop !</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/rAg3YuHkMHQ?si=RlAz9mzI54JrZi-D" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>BC Camplight</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 22:15:10 +0000</pubDate>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>Voici une vingtaine d’années, BC Camplight signait deux albums de pop baroque façon Beach Boys. Puis, rien, jusqu’en 2015. L’ex-boxeur de Philadelphie n’a pas eu la vie facile (blessures au corps, à l’âme). Installé un temps à Manchester, il reprit le chemin des studios et trouva sa vitesse de croisière : une carte postale tous les deux-trois ans, écrite en simples et en déliés, avec un sens de la formule qui fait mouche et, surtout, des mélodies à tomber.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/DB1pRAriY9o?si=hlyFChq9rkEC9zes" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Ellah A. Thaun</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Aug 2025 22:04:22 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[<p>Si Mustang demeure le plus grand groupe de rock en français, Ellah A. Thaun est le meilleur groupe de rock en anglais...</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Si Mustang demeure le plus grand groupe de rock en français, <a href="https://aeronef.fr/agenda/university_ellahathaun" target="_blank">Ellah A. Thaun</a> est le meilleur groupe de rock en anglais – <em>en américain</em>, plutôt. Car c’est bien du côté des USA qu’il faut chercher les références musicales (Swans, Sonic Youth, une certaine idée du post-hardcore, de la noise et du weird folk) et littéraires (Philip K. Dick, William Burroughs) de ces Rouennais menés par une chanteuse au charisme insensé. En pas loin de dix ans, les Normands ont signé trois albums égalant tranquillement les artistes précités, avec un je-ne-sais quoi dans l’écriture, dans la production, qui les place ailleurs. Là où tant d’autres revivalistes se contentent de réciter les Tables de la Loi de l’indie rock des nineties, Ellah A. Thaun mêle des mélodies pop sous un boucan dément, joue avec les breaks, les samples et crée des paysages sonores escarpés qu’il fait bon arpenter. Sur scène, s’attendre à tout, sauf à l’habituel, Nathanaëlle-Eléonore Hauguel étant particulièrement habitée par des chansons qui, elles aussi, devraient longtemps vous hanter.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/qr192gNNLhA?si=cajHikLHDRVu9WZE" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Sustain</title>
		<link>https://www.lm-magazine.com/blog/2024/10/23/sustain/</link>
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		<pubDate>Wed, 23 Oct 2024 15:25:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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		<description><![CDATA[<p>Il s’agit ici, rien de moins, de changer notre façon de &#8220;consommer&#8221; la musique live et, plus précisément, d’organiser un concert, afin...</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Il s’agit ici, rien de moins, de changer notre façon de &#8220;consommer&#8221; la musique live et, plus précisément, d’organiser un concert, afin d’en réduire au maximum l’empreinte carbone. Comment ? En conviant d’abord le public à favoriser les transports en commun, le vélo ou le co-voiturage (grâce à l’ &#8220;Aéro Easy Go&#8221;, déjà existant, qui permet un remboursement du ticket aller-retour, met en relation piétons et automobilistes&#8230;) mais pas seulement. Désormais, les spectateurs pourront aussi (s’ils le souhaitent) verser une somme (la &#8220;contribution carbone volontaire&#8221;) compensant leur mode de déplacement (jusqu’à 14 euros par exemple, si vous avez pris l’avion jusqu’ici&#8230; ça arrive !). Pour l’occasion, l’équipe de l’Aéro a même conçu un &#8220;concert-score&#8221; permettant d’évaluer l’impact environnemental de chaque date. L’idée est également de repenser une mobilité plus douce des artistes en les incitant à transporter moins de matériel, à privilégier les solos, les duos, les talents locaux (Benjamin Collier, pour n’en citer qu’un) ou en les invitant à prendre le temps de rester dans la métropole plusieurs jours, et d’imaginer d’autres formats – pour autant de surprises.</p>
<p><strong>Demandez le programme !</strong></p>
<p>Pour cette première, beaucoup ont d’ailleurs joué le jeu, soutenant une programmation loin d&#8217;être au rabais ! On apprécie par exemple le folk intimiste de Raoul Vignal à Bondues puis le lendemain à la Ferme La Renarde de Loos. On prend son vélo jusqu’à Forest-sur-Marque pour assister au Bruit du blé, mêlant musique et danse sur des textes de Giono. On découvre le projet solo du leader de Suuns, Ben Shemie, et puis des alliances inattendues, par exemple entre le pianiste Joep Beving et le violoncelliste Maarten Vos, au Palais des beaux-arts de Lille. Bref, on ralentit (ça devient urgent) et on prend le temps de savourer. D’abord testé sur trois jours, Sustain pourrait se déployer plus longuement la saison prochaine, voire devenir un label&#8230; Pourvu que ça dure !</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/G5korvKp-BU?si=ymLHDnQgP24w8UDx" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/hYTBej5cZxo?si=rMDNrqw9cxpYXq29" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/4BX7aRZLEL0?si=_j0isGbbXwpGedh-" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Polo &amp; Pan</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Feb 2022 23:51:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
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		<category><![CDATA[Aeronef]]></category>
		<category><![CDATA[Lille]]></category>
		<category><![CDATA[Polo & Pan]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Franche innocence ou projet millimétré ? Impossible de placer Polo &#38; Pan dans l’une ou l’autre de ses deux catégories pourtant opposées....</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Franche innocence ou projet millimétré ? Impossible de placer Polo &amp; Pan dans l’une ou l’autre de ses deux catégories pourtant opposées. Alors non, on n’a pas toujours succombé à cette électronique solaire, ces samples estivaux et ces comptines agrémentées de BPM (<em>Ani Kuni</em>, sérieusement…). N’empêche, face au raz-de-marée de bonne humeur provoqué sur les foules par le tandem, on s’incline. L’époque est triste, ces morceaux réconfortent. Pourquoi bouder ce plaisir ?</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/uxnUeZ8QQYg" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>The Limiñanas</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Nov 2021 06:30:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Interview]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Pouvez-vous nous rappeler l&#8217;histoire de The Limiñanas ? C&#8217;est d&#8217;abord un couple. Marie et moi sommes ensemble depuis la nuit des temps....</p>
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]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Pouvez-vous nous rappeler l&#8217;histoire de The Limiñanas ?</strong> C&#8217;est d&#8217;abord un couple. Marie et moi sommes ensemble depuis la nuit des temps. Dès qu&#8217;on s&#8217;est connus au lycée, on a fréquenté la scène underground, les concerts de garage, de punk. On achetait tous les disques qu&#8217;on trouvait, les fanzines&#8230; J&#8217;ai monté un premier groupe qui reprenait les Stooges tout en écrivant quelques compos, ça a été un apprentissage. Marie nous suivait, mais ne participait pas.</p>
<p><strong>Comment avez-vous commencé à jouer ensemble ?</strong> Par hasard. J&#8217;avais fondé une autre formation, les Bellas. Un jour, le batteur n&#8217;est pas venu et Marie a pris sa place derrière les fûts. Mais au bout d&#8217;un moment, on avait le sentiment de ne jamais arriver au bout des choses, car nos groupes &#8220;splittaient&#8221; tout le temps. J&#8217;en avais marre&#8230;</p>
<p><strong>Quel fut le déclic pour The Limiñanas ?</strong> Lors d&#8217;une session d&#8217;enregistrement chez Pascal Comelade. Il m&#8217;a mis un casque sur les oreilles et m&#8217;a dit &#8220;fais ce que tu veux&#8221;. J&#8217;ai composé cinq titres comme ça à la guitare, avec des fuzz, des wah wah, des drones&#8230; et puis je suis rentré chez moi en me disant que je lui avais bien fait perdre son temps. Quelques mois plus tard, il m&#8217;a envoyé un album à partir de mes compositions qu&#8217;il avait peaufinées avec son Bel Canto Orquestra. Cette séance-là m&#8217;a ouvert les yeux : on pouvait produire des disques autrement, sans subir le joug d&#8217;un groupe et ses compromis. J&#8217;en ai parlé à Marie et c&#8217;est comme ça qu&#8217;on a vraiment démarré tous les deux.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/y-UGYTZQz0I" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Paradoxalement, vous avez d&#8217;abord été repérés aux Etats-Unis&#8230;</strong> Oui, mais c&#8217;est de notre faute car on n&#8217;a démarché personne ici ! On avait bidouillé deux titres dans notre coin, pour le plaisir :<em> I&#8217;m Dead</em> et <em>Migas 2000</em>. On les a publiés sur MySpace un week-end et le mardi suivant un label de Chicago, Hozac Records, nous contactait pour les sortir en 45 tours. Le jeudi, c&#8217;est <em>Trouble in Mind</em>, une autre maison de Chicago, spécialisée dans le psychédélisme, qui voulait entendre d&#8217;autres chansons, et finira par publier notre premier album en 2010. Depuis, on n&#8217;a jamais arrêté.</p>
<p><strong>Vous avez pas mal galéré avant de percer. Vous avez été démouleur de pères noël en chocolat, coupeur de salades&#8230;</strong> Oui, mais pour nous il n&#8217;avait jamais été question de vivre de la musique, ce n&#8217;était pas un moteur. On voulait simplement sortir des 45 tours, donner des concerts pour le plaisir&#8230; Et de toute façon, ce genre alors underground n&#8217;intéressait pas grand-monde à l&#8217;époque.<span class="has-pullquote" data-pullquote=" Entre-temps, au tournant des années 2000 disons, Tarantino et un tas d'autres mecs ont contribué à populariser le garage punk, la surf music... ça a été notre chance."> Entre-temps, au tournant des années 2000 disons, Tarantino et un tas d&#8217;autres mecs ont contribué à populariser le garage punk, la surf music&#8230; ça a été notre chance.</span></p>
<p><strong>Comment travaillez-vous tous les deux ?</strong> On a organisé la maison autour de la musique. Marie et moi composons ensemble puis, éventuellement, invitons des gens à intervenir sur nos morceaux. Pour les tournées, on a un groupe composé d&#8217;amis, assez stable, avec qui on perfectionne les arrangements pour le format concert.</p>
<p><strong>J&#8217;ai lu que vous enregistriez seul la nuit dans votre sous-sol et que Marie prenait le relais, au matin, pour y ajouter ses batteries&#8230;</strong> C&#8217;est vrai. Je me lève très tôt le matin, bosse dès trois ou quatre heures tous les jours et puis Marie intervient ensuite. C&#8217;est un peu con, car on se connaît par cœur, mais il existe encore une timidité entre nous qui fait qu&#8217;on n&#8217;enregistre jamais dans la même pièce, car ça nous déstabilise.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/bp169ELvyS4" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Vous êtes issus de Perpignan. Et en quoi cette ville fut-elle importante dans le façonnement de votre son ?</strong> Quand on était mômes, dans les années 1980 et 1990, on s&#8217;ennuyait beaucoup. Perpignan est une petite ville du sud, très cool pour aller à la plage, par contre il n&#8217;y avait pas grand-chose à y faire. Mais pour des raisons que je ne peux expliquer, il y avait beaucoup de très bons libraires et disquaires dont certains étaient hyper pointus, notamment dans l&#8217;import anglais ou américain. J&#8217;y traînais dès la primaire, le mercredi après-midi et le samedi, avec trente balles en poche. Le disque ou le livre devenait alors l&#8217;objet de tout mon intérêt.</p>
<p><strong>Par exemple ?</strong> <span class="has-pullquote" data-pullquote="Je me rappelle très bien lorsque mon frère a ramené London Calling des Clash, on a dû l'écouter tous les jours durant un an ! ">Je me rappelle très bien lorsque mon frère a ramené London Calling des Clash, on a dû l&#8217;écouter tous les jours durant un an ! </span>Idem pour les Stooges ou les Cramps, on était obsédés par les notes sur les pochettes, en total immersion dans le disque. On s&#8217;est beaucoup imprégné à cette époque, on était hyper voraces. Inconsciemment, ça a vachement influencé notre jeu de guitare, notre façon d&#8217;aborder le son. Aujourd&#8217;hui, moins de choses m&#8217;excitent mais à ce moment-là, le seul truc qui comptait pour moi, c&#8217;était de trouver 60 francs pour acheter un disque. Perpignan nous a donc permis de nous intéresser à pleins de trucs, parce qu&#8217;on s&#8217;y emmerdait !</p>
<p><strong>Comment définir le style de The Limiñanas ?</strong> La musique primitive américaine et anglaise des années 1960, donc le garage punk des sixties, reste ce qui me branche plus. C&#8217;est vraiment la base de notre son. On pratique une musique à trois accords, répétitive, hyper-simple, tout en assumant nos autres influences, très larges : ça va d&#8217;Andrew Weatherall (qui nous a invités une paire de fois dans ses festivals) à Joy Division, New Order, The Jesus and Mary Chain ou récemment Sleaford Mods. On est des espèces d&#8217;éponges.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/Mj144y9bpeo" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Concrètement, comment composez-vous ?</strong> On réalise la plupart des choses nous-mêmes, sans être des producteurs et des ingénieurs du son, manipulant des outils pour enregistrer de manière assez basique avec toutes les erreurs qui en découlent. Mais ces accidents participent aussi de notre musique et on a appris à les garder, on est très désinhibés par rapport à ça car la seule variable importante pour nous, c&#8217;est l&#8217;excitation de l&#8217;écoute. A la façon d&#8217;un François de Roubaix, qui mélangeait des instruments chinés au cours de voyages, on achète les nôtres un peu partout dans le monde, mêlant des instruments grecs ou marocains avec des fuzz soviétiques, des guitares électriques&#8230;</p>
<p><strong>Un peu à la &#8220;Do it yourself&#8221; ?</strong> C&#8217;est ça, le plus sincèrement possible. Dans les années 1990, on appartenait à une scène sans argent, on enregistrait nos 45 tours nous-mêmes, dans un petit studio à Montpellier ou chez nous. On n&#8217;a jamais été suivis par de grandes maisons de disques, on a appris à travailler avec les moyens du bord et ça nous a sauvé car on n&#8217;a pas besoin de gros budget. Finalement, on a toujours suivi le même chemin, sauf que ça intéresse plus de monde aujourd&#8217;hui.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/pPdOo2E5zOc" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Parlons de ce nouvel album, <em>De Película</em>. Comment est-il né ?</strong> L&#8217;histoire du disque débute avec Laurent Garnier. Il s&#8217;occupe avec deux potes de la programmation du festival Yeah à Lourmarin. Une année, Laurent nous a invités à jouer et on a adoré cette rencontre. En rentrant chez nous, je lui ai envoyé les pistes de <em>Dimanche</em> avec Bertrand Belin, et Laurent a remixé la chanson. Et puis est arrivé le confinement. On a commencé à travailler sur cet album à ce moment-là, quand nos tournées respectives furent annulées. On a bossé à distance, en s&#8217;envoyant nos maquettes.</p>
<p><strong>Le disque est très narratif. S&#8217;agissait-il de composer un disque comme la BO d&#8217;un film imaginaire ?</strong> Ce n&#8217;était pas prémédité. Un peu avant, Pascal Comelade nous avait fait découvrir Can, et on est totalement tombé dedans, ayant tendance à rallonger nos chansons en tournée, allant vers une musique plus répétitive, la &#8220;transe&#8221;. En discutant avec Laurent, on a donc soumis cette idée de longs morceaux instrumentaux. J&#8217;avais déjà les personnages de l&#8217;album en tête. On aime bien travailler nos disques comme des histoires, avec un début, un milieu et une fin, un peu comme dans les années 1970 et des albums comme <em>L&#8217;Homme à tête de chou</em> de Gainsbourg. On retrouve aussi ça aussi chez Dutronc. Aujourd&#8217;hui, c&#8217;est plus un truc de rap, de musiques urbaines.</p>
<p><strong>L&#8217;album s&#8217;ouvre sur l&#8217;histoire de Saul, &#8220;un petit mec de province qui aime la musique et le cinéma&#8221;&#8230; ça vous ressemble un peu, non</strong> ? C&#8217;est typiquement le profil qu&#8217;on fréquentait au lycée, c&#8217;est nous et nos potes en gros : des garçons et des filles à la marge, qui écoutent une musique et voient des films différents, veulent vivre autrement. On appartenait tous à des bandes qui depuis ont disparu des cours de récré : les mods, les punks, les babas, les skins&#8230; On s&#8217;est nourris les uns les autres. Depuis <em>Shadow People</em>, l&#8217;album précédent, on parle beaucoup de ce type de personnage.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/_hP3O-eVxJE" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
<p><strong>Vous travaillez souvent en collaboration&#8230; Pourquoi ?</strong> Le duo est pour nous synonyme de liberté : dans la production mais aussi parce que cela nous offre la possibilité de travailler avec des tas de gens différents. On a toujours fonctionné comme ça, au début on invitait ceux de notre entourage, dans un rayon de trois kilomètres, donc pas forcement connus. A une époque je bossais à la Fnac et si j&#8217;entendais un accent qui me plaisait au détour d&#8217; un bureau, et bien j&#8217;invitais la personne à la maison pour l&#8217;enregistrer. C&#8217;est la même chose aujourd&#8217;hui, sauf qu&#8217;on collabore avec des mecs comme Peter Hook. Quand il nous a envoyé ses lignes de basse pour <em>The Gift</em>, on était comme des gosses !</p>
<p><strong>Quel est le format du concert ?</strong> On est sept sur scène, avec notre live band. C&#8217;est très électrique, il y a un mur de guitares et puis on travaille avec des écrans, des projections, donnant au concert cet aspect cinématographique propre au disque. Edi Pistolas nous accompagne également lors de cette tournée, pour s&#8217;occuper de la partie électronique et chanter une partie de notre répertoire.</p>
<p><strong>Quels sont vos projets ?</strong> On bosse en ce moment avec un artiste electro, Golden Bug. J&#8217;ai terminé la musique d&#8217;un documentaire sur l&#8217;actrice porno Linda Lovelace et un autre sur Billy Milligan. On a aussi envoyé des démos à Brigitte Fontaine, et on bosse déjà sur le prochain album&#8230;</p>
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		<title>Peter Hook &amp; The Light play Joy Division</title>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2021 23:05:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Aeronef]]></category>
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		<category><![CDATA[Lille]]></category>
		<category><![CDATA[Peter Hook & The Light play Joy Division]]></category>

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				<content:encoded><![CDATA[<p><em>« Nous sommes sur la crête entre le sublime et le grotesque »</em>, nous avait glissé un ami lors d&#8217;un concert de Peter Hook à Lille, voici quelques années. Le sublime et le grotesque ? C&#8217;est, d&#8217;après Victor Hugo, l&#8217;un des traits du drame romantique. En l’occurrence, voir Peter Hook, 65 ans et bedonnant, entonner les chansons du plus célèbre des épileptiques a quelque chose de grotesque. Et de sublime, aussi. Dramatique ? Même pas. Romantique ? Assurément.</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/_MsxxWcibT4" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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		<title>Altin Gün</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2021 00:06:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator><![CDATA[Julien Damien]]></dc:creator>
				<category><![CDATA[Musique]]></category>
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				<content:encoded><![CDATA[<p>On entend déjà chouiner les pisse-vinaigre : c&#8217;est de l&#8217;appropriation culturelle ! Des Occidentaux s&#8217;emparent d&#8217;une musique qui n&#8217;est pas à eux et la vident de sa substance ! On laissera ces belles âmes dans leur coin, pour pas mal de raisons. D&#8217;une, aucune culture n&#8217;est chimiquement pure. Ensuite on pourrait, certes, sourire à l&#8217;idée que des Bataves fassent résonner la pop anatolienne à la manière des seventies stambouliotes. Mais Altin Gün ne sombre jamais dans le pastiche ou l&#8217;imitation stérile, nourrissant au contraire ses chansons d&#8217;apports d&#8217;époques et de territoires différents. Notre ère jouit d&#8217;un atout inexistant à l&#8217;heure de la révolution pop des sixties. Désormais, on peut revisiter le passé à l&#8217;envi, à toute heure du jour et de la nuit. On réussit, en deux clics, à tout connaître du Top 50 d&#8217;Ankara en 1973. De cette manne, Altin Gün a largement profité, ajoutant à cette base de travail un savoir-faire certain, mixant les sonos du Bosphore au funk et au psychédélisme. Quant à la scène, la bande fait durer le plaisir, rallonge et modifie ses compositions dans un seul but : la transe. Dès lors, on entend râler l&#8217;association de défense des derviches tourneurs. Tant pis pour eux !</p>
<p><iframe title="YouTube video player" src="https://www.youtube.com/embed/hEdkTCNCVL0" width="560" height="315" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"></iframe></p>
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