Andro Wekua : Stranger in Paradise
Les présentations d’Andro Wekua se caractérisent par une mise en scène épurée, à la croisée du souvenir, du rêve, de la fantaisie, du désir ou encore d’un frisson de l’ordre de la science-fiction. C’est dans ce même style qu’il présente ici, sur une scène dépouillée, l’horizon complet des dimensions mélancoliques et imaginatives invoquées par son travail. Les quelques images soigneusement choisies évoquent un lieu au bord de la mer Noire : une architecture aux néons nostalgiques, la présence d’un mystérieux personnage androgyne relié à l’image d’un dauphin et de flore marine, et un relief schématique au sol éclairant le clapotis des vagues. Ses expositions proposent souvent des récits sommaires et non linéaires, soulignant les excentricités de la mémoire à travers des peintures, des sculptures, des installations mixtes, des films ou encore des maquettes d’architecture. Il se sert de collages pour transformer des prises de vues familiales de Soukhoumi – l’ancienne station balnéaire soviétique abandonnée où ni les publicités ni les symboles de la consommation n’étaient autorisés – en peintures obscures, dessins ou mises en pages de magazine dans lesquels il fait de multiples références à la pop culture grand public. L’artiste suscite des dialogues entre des œuvres très diverses au sein de l’exposition, à la faveur d’ellipses dans le récit et de la juxtaposition de différents registres temporels. Il souligne ainsi combien les souvenirs influencent et transforment nos rêves, et met en évidence la nature insaisissable du passé.


