KELELA
Melting hot
“Définitivement intersectionnelle”. C’est ainsi qu’Oscar Scheller définit l’artiste Kelela Mizanekristos, plus connue sous son seul prénom. Principal producteur de son troisième album studio, Scheller ne saurait mieux dire : son R&B s’affranchit des carcans pour mieux embrasser sa nature syncrétique. Nul doute que sa tournée mondiale (avec cette halte à Bruxelles) en sera l’éclatante démonstration. Sur le bien-nommé New Avatar, l’Américaine d’origine éthiopienne opère une nouvelle mue et signe l’un des albums les plus stimulants de l’année en même temps qu’un manifeste physique et politique sur le métissage. Moins éthéré que l’ensorcelant Raven (2023), le disque retrouve certains élans rythmiques de l’inaugural Take Me Apart (2017), tout en bifurquant vers les guitares et les clubs 90s – sans jamais se départir d’une singulière sensualité. En sus de quelques ingrédients UK garage, le nouveau son de Kelela doit autant à la Janet Jackson de The Velvet Rope qu’au Kurt Cobain de Something in the Way. À la fin de ce New Avatar rempli de splendeurs cachées prêtes à se déployer sur scène, elle se demande ce qu’il adviendra « si nous nous retrouvons »… réponse à Bruxelles ?



