Angine de Poitrine
Un succès viral
Ils doivent bien se marrer ces Québécois, sous leurs masques en papier mâché, à voir le petit monde de la musique s’arracher les cheveux autour du phénomène dont ils font l’objet depuis la publication d’une session live en février dernier… Une question, quasi-philosophique (et un peu snob), revient en boucle : « Quel en aurait été l’impact sans ces exubérants costumes ? ». Inconnu il y a encore quatre mois, le duo enchaîne désormais les concerts à guichets fermés, et ses disques se revendent à prix d’or… Et voilà que déboule le concept de musique microtonale, exécutée sur une folle guitare à double manche aux frettes multipliées. Microtoquoi ? Angine de Poitrine est sans doute le symptôme de quelque chose, mais c’est avant tout un excitant projet math rock, moins expérimental qu’on a pu le lire, un vertigineux exercice de style nourri de traditions orientales et relevé d’un groove évident. Si les deux albums flirtent parfois avec un jazz rock exigeant et qu’on peut oublier sans peine le récit cosmique (ces deux frères nommés KHN et Klek viendraient d’une autre planète), la vidéo à l’origine de l’emballement est avant tout une démonstration sidérante. Elle dévoile des morceaux fiévreux aux contours abrupts… Qu’ils rient, donc — et qu’on se rassure : aucun algorithme n’aurait pu prévoir un tel virus.



