Ô Guérillères
Les invincibles
Collectif DragaLe collectif Draga réactive Les Guérillères de la romancière, philosophe et militante française Monique Wittig (1935-2003). Pas le moins radical, ce texte avant-gardiste et fondateur du féminisme, résonne au fil d’un concert punk-rock à l’énergie contagieuse.
Il y eut bien sûr le Scum Manifesto de Valérie Solanas, La Servante écarlate de Margaret Atwood ou encore King Kong Theory de Virginie Despentes. C’est au tour des Guérillères de Monique Wittig de rencontrer un nouvel écho auprès des jeunes générations, et de brûler les planches. Paru en 1969, ce roman épique et poétique met en scène une communauté de femmes qui se préparent au combat contre l’oppression patriarcale. Bien décidées à reprendre le monde aux hommes, elles inventent une société soudée par un nouveau langage et la jouissance… Ce manifeste de science-fiction écrit au féminin pluriel a inspiré une mise en musique par Draga (soit “ma chère”, en serbe). Formé par les compositrices Lucie Antunes, P.R2B, Theodora Delilez et Narumi Herisson, porté par la voix délicieusement rauque de l’actrice Anna Mouglalis, le supergroupe nimbe les mots séditieux de la Française d’un punk-rock garage, façon Peaches ou The Organ, fameux combo canadien lesbien. Sur scène, le quintette livre un pur moment d’anarchie. On pourrait même ajouter “cathartique”, à l’heure où les discours masculinistes prolifèrent et tandis que le mouvement MeToo connaît une inquiétante remise en cause. Alors, pour citer Monique Wittig : « soyez invincibles ».



