Britney Bitch
Danse avec la star
Paola PisciottanoEntre Madonna et Lady Gaga, il y a eu Britney Spears. Une pop star mise sous tutelle durant treize ans, parce qu’elle s’était rasée la tête en direct. Aujourd’hui, sa boulimie de publications sur Instagram donne le tournis. Paola Pisciottano plonge dans ce maelström avec le rappeur et performeur en situation de handicap Philippe Marien, pour ausculter les biais de la célébrité.
Britney Spears ? « Un corps façonné pour et par le regard des autres » selon Jeanne Burel, réalisatrice de la série documentaire Britney sans filtre (Arte). L’enfant-star a connu la célébrité dans les années 2000. Ensuite ? L’enfer. Placée sous tutelle en 2008 après un séjour à l’hôpital, elle est éloignée de ses enfants, privée du contrôle de sa fortune et contrainte à la contraception… avant de retrouver sa liberté en 2021. Aurait-elle subi ce traitement si elle avait été un homme ? Pas sûr pour Paola Pisciottano, qui l’érige en « icône médiatique de l’oppression sexiste ». Mais la vie publique de Britney Spears, c’est aussi son compte Instagram. Une dimension parallèle où la princesse de la pop archive son quotidien, sans retenue. La metteuse en scène italienne choisit de s’en servir comme miroir d’un monde où « l’identité numérique est une extension de nos vies ». C’est tout ? Non. Elle invite sur scène Philippe Marien, rappeur de Choolers Division porteur de trisomie 21 et fan de la chanteuse… Lui aussi est star d’un groupe, sous tutelle, victime de regards stigmatisants. Et quand le Belge danse sur les chorégraphies de Britney, c’est un sacré corps-à-corps.



