HAAi
Humanise
(Mute)Adepte d’une techno abrasive et nourrie d’une pointe de psychédélisme (qui fit le bonheur, entre autres, du clubbing berlinois), HAAi délaisse ici la puissance pour le songwriting. Plus méditatif, et même grâcieux, ce deuxième album est traversé de plages éthérées, de nappes ambient et de voix distordues. En l’occurrence celles du rappeur Kam-Bu, du poète James Massiah, d’un chœur gospel ou encore d’un certain Alexis Taylor (Hot Chip) pour une escapade house survoltée (New Euphoria). Il y a du Burial dans cette electro hybride et avant-gardiste. En témoigne Satellite, mis sur orbite par Jon Hopkins, avec qui elle partage de plus en plus cette schizophrénie artistique, entre inclination pour le dancefloor et musique en apesanteur. Enfin, à une époque contrariée par l’avènement de l’IA, la DJ et productrice australienne interroge aussi la connexion désormais indissociable entre émotion et synthétique, organique et technologie, à l’instar de Stitches (“points de suture”), poignante ode à la résilience – ou à la réparation, c’est selon. Mieux : HAAi imagine à travers ces 17 morceaux « une machine dotée d’un cœur humain », offrant en filigrane une bonne définition de l’harmonie.



