John Maus
A contre-courant
Une cold wave éclaboussée de réverb, chantée d’une voix pariétale par un diplômé en philosophie. C’est à peu près ce qu’on retient de John Maus. Ça, et la fameuse invasion du Capitole, à Washington, où notre ami fut aperçu en 2021. Mais est-ce vraiment tout ce qu’il faut retenir de cet artiste pas comme les autres ?
Heureusement, non. Tout d’abord, levons un doute, que l’intéressé lui-même a tardé à dissiper : sa présence au Capitole lors du coup d’état raté des pro-Trump, était (presque) fortuite. Lui, Ariel Pink et la réalisatrice Alex Lee Moyer étaient sur place pour réaliser un documentaire sur le podcasteur complotiste Alex Jones, dont Maus signait la bande originale. C’est tout. Sauf que ce dernier n’ayant rien démenti cela a joué un rôle certain sur sa carrière. Dommage pour un artiste qui chantait Cop Killer et défendait les droits LGBT (annulation de dates, bad buzz, etc.). La vérité rétablie, où en est Maus, en 2025 ? Eh bien, son dernier LP au titre façon memento mori (Later Than You Think), le voit poursuivre dans cette veine cold wave pétrie de réverb – on ne se refait pas. La mise en son, sommaire et volontiers salie, laisse passer des éclats de lumière, des envolées de notes rappelent parfois la musique de la Renaissance. On y croise même Alain Badiou (Tous Les Gens qui sont ici sont d’ici est une citation du maître). Sur scène, avec un instrumentarium souvent réduit (clavier, basse batterie, parfois remplacés par un simple ordi), l’Américain entre en transe. Et nous avec lui.



