Mathieu Bablet
Silent Jenny
(Rue de Sèvres / Label 619)C’est l’un des nouveaux chefs de file de la bande dessinée de SF. Après Shangri-La puis Carbone et Silicium, Mathieu Bablet continue de creuser une veine dystopique, imaginant cette fois une Terre où les abeilles ont disparu, suite au dérèglement climatique. Sans ces irremplaçables pollinisatrices, notre planète est devenue totalement stérile et les humains traînent leur peine dans des paysages désolés, pour les uns au sein de villes puantes et métalliques, pour les autres dans des “monades”, soit des vaisseaux-villages mobiles et autonomes. C’est à bord de l’un d’eux qu’on retrouve Jenny. Employée par une société nébuleuse, vestige d’un capitalisme autoritaire, notre héroïne s’échine à trouver de l’ADN d’abeille en plongeant dans “l’inframonde”, grâce à une technologie lui permettant de rétrécir… Bablet vise juste avec cette fable eschatologique, qui interroge avec pertinence le devenir de notre espèce à l’aune de la catastrophe écologique en cours. Il y a du Alain Damasio dans cette réflexion. Surtout, c’est un régal pour les yeux de retrouver ses grandes planches vibrantes de couleurs, de détails et se jouant avec maestria des perspectives – dont on commence sérieusement à manquer…
320 p., 31,90€. Sortie le 15.10.2025








