Kae Tempest
Street Life
La quarantaine approche pour Kae Tempest. L’heure du bilan ? En une dizaine d’années et une grosse poignée d’albums, un changement de prénom, de genre, une œuvre littéraire mêlant poésie, essais, romans ou théâtre, le natif de Brockley s’impose comme une valeur sûre. Tout à la fois pur produit de son époque, et fruit d’une véritable tradition anglaise.
LKJ, John Cooper Clarke, Mark E. Smith… Quelles qu’en soient les couleurs musicales, l’Angleterre est féconde de ses poètes urbains et autres fleurs de pavé qui réenchantent (enfin, façon de parler) la grisaille industrielle. Kae Tempest s’inscrit dans cette lignée : venue du hip-hop et du spoken word, la Tempête a débuté avec le collectif Sound of Rum avant de se lancer en solitaire, en 2014, pour conter la solitude, justement, de personnages (pas si) fictionnels dans le grand Londres. C’est une constante chez l’artiste : chroniquer des vies tristement ordinaires, un pied sur le bitume, l’autre dans la fiction, conjuguant colère (son flow et ses instrus en témoignent) et sensibilité (tout le reste). Paresseux, on pourrait rapprocher cet art de celui des Sleaford Mods. Mais là où nos lads répètent une formule, aussi magique soit-elle, Kae relève de la réinvention permanente. Ceci posé, certains thèmes demeurent : la question de l’identité, la précarité, la fragilité des relations… En cela, Kae Tempest signe la bande originale idéale de notre époque troublée.
Site internet : http://www.bozar.be/
du mardi au dimanche, de 10:00 à 18:00, et le jeudi jusqu'à 21:00 (sauf pendant les vacances d'été).



