Pulsations. Visages d’une cité
Du cœur à l'ouvrage
Mons comme vous ne l’avez jamais vue… et peut-être même vécue. Entremêlant art et patrimoine, brouillant la frontière entre le musée et la vie, cette exposition chorale raconte une histoire intime de la cité wallonne. Où il est question de partage, du temps qui passe, de liens et surtout d’émotion.
Qu’est-ce qui fait l’âme d’une ville ? D’abord ses habitants. La première salle nous immerge ainsi dans une foule de visages anonymes. Disposés sur des totems triangulaires, réalisés au début du siècle dernier par le photographe Norbert Ghisoland, ces portraits en noir et blanc d’hommes, de femmes et d’enfants accrochent irrésistiblement le regard, tandis que résonne une musique rythmée par des battements de coeur. « Il s’agit de créer une connexion avec l’autre, au-delà du temps », confirme la scénographe Evelyne Gilmont, pour qui cette installation, comme toute l’exposition, est avant tout affaire d’« émotion ».
Mémoire vive
Rassemblant une quarantaine d’artistes pour la plupart issus de la région wallonne, ce parcours dessine un portrait sensible de la cité du Doudou, et plus largement de toutes les villes du monde, à travers leurs “pulsations”. À chaque salle son thème : ici la place de l’eau, là celle de la nature, du sacré ou encore l’importance de la mémoire, figurée par une oeuvre iconique : Les Registres du Grand-Hornu de Christian Boltanski. Celle-ci est constituée de très exactement 2 678 boîtes en fer blanc rouillé, portant toutes le nom d’un mineur (parfois une photo d’identité) ayant travaillé dans le Borinage. « Parce qu’il faut nommer chacun d’eux, justifiait-il. Ce ne sont pas des groupes anonymes, mais des individus. Chaque personne existe ». Ou comment relier récits intimes et collectifs, pour mieux atteindre l’universel.







