Greentea Peng
Infusion soul
En quatre ans et deux albums, cette Londonienne s’est fait une place à part dans le paysage musical. Entre appels à la fête débridée et confessions sans fard, le tout mâtiné de soixante ans de musiques noires, Greentea Peng a débuté une oeuvre en toute indépendance.
Originaire du sud-est de Londres, Aria Wells, alias Greentea Peng (qu’on pourrait traduire par “de la putain de bonne beuh !”, à peu de choses près) a suivi un parcours somme toute classique. Découverte de la musique enfant, dépression adolescente, claquage de portes, beaucoup de fêtes, de drogues, de spleen… jusqu’à un voyage au Mexique qui lui redonna goût à la musique. À l’arrivée, Man Made (2021) surprit par sa maîtrise et prouva que l’Angleterre avait encore beaucoup de choses à dire au rayon musiques noires. On entendait ici un mariage entre jazz, reggae, hip-hop, dub, soul, drum&bass… Un disque inclassable, pas vraiment datable, mais totalement inusable. Son deuxième essai, paru au premier jour du printemps 2025 et nommé Tell Dem It’s Sunny (« dites-leur que le soleil brille ») s’avère beaucoup plus sombre. Profondément introspective, Wells s’interroge sur sa place dans le monde (oui, il est question de Babylone, sans ironie) et, peut-être, dans le circuit de la musique (« Is it too late for me ? », questionne-t-elle sur One Foot). Une fois encore, reggae, soul, dub et hip-hop façon Dälek s’en donnent à coeur joie. Si Erykah Badu, Neneh Cherry ou Ms. Dynamite se cherchaient encore une héritière, la voici.



