Figra
Voyage au bout du réel
De la guerre oubliée du Soudan aux espions russes chez Trump, en passant par la jeunesse insoumise d’Iran, ce festival retrace une année de périls et d’espoirs dans le monde. Quelque 70 films signés par des journalistes et documentaristes sont projetés sur grand écran, à Douai. Un bon remède à l’infobésité.
Si vous souhaitez en savoir plus sur la guerre des gangs à Haïti, n’avez rien suivi du scandale de la chlordécone aux Antilles ou cherchez à comprendre les ressorts du conflit israélo-palestinien, alors ne manquez pas la 32e édition du Figra, le festival international du grand reportage d’actualité. Qu’ils durent 18 ou 90 minutes, ces films ont le mérite « d’aller au bout d’un sujet, pour exposer de manière réelle et étayée ce qui se passe sur la planète », résume Georges Marque-Bouaret, délégué général et fondateur de l’évènement.
Sentinelles
Loin du flux torrentiel de l’info instantanée, le Figra accorde du temps au public. Il expose ainsi clairement « le dessous des affaires » ou « les nouvelles formes de résistance aux régimes autoritaires ». Grâce au travail des « journalistes et documentaristes, ces sentinelles sans qui nous ne pourrions pas comprendre le monde ». Derrière les films en compétition se nichent de belles avant-premières, comme Dad’s Lullaby de l’Ukrainienne Lesia Diak, montrant les ravages post-traumatiques de la guerre sur un père de famille. Il y a aussi du théâtre documentaire, avec La France, Empire de Nicolas Lambert, qui raconte l’histoire coloniale de l’Hexagone à travers celle de sa famille. Citons également ce nouveau volet littéraire, avec une librairie partenaire (Sensations, à Douai) et une rencontre d’auteurs animée par Patrick de Saint-Exupéry, fondateur de la revue XXI, histoire de rester à la page.
Exposition : Au cœur de l’exil, soixante photographies d’Olivier Jobard (01 > 14.04) Musée de la Chartreuse



