Thee Sacred Souls
Dans le rétro
Qui dit soul dit sixties, mariage de musiques sacrées et profanes, déclarations amoureuses et peines de coeur, tensions raciales et luttes pour les droits civiques. Oui, durant les années 1960, ce genre fut la BO des Noirs aux États-Unis. Mais d’autres publics s’en emparèrent, par des voix détournées. Prenons l’itinéraire bis avec Thee Sacred Souls.
La musique est une affaire de production, mais aussi de réception. Banalités ? Sans doute. N’empêche, ce rappel s’impose face à Thee Sacred Souls, nouveaux hérauts d’une soul made in San Diego défendus par le label Daptone Records. À l’apogée du genre (les 60’s), les Noirs ne furent pas les seuls à se reconnaître dans ces morceaux produits par Stax, Okeh, Kent… Les Hispaniques, autre minorité raciale, accueillirent les musiciens afro-américains interdits de jouer dans certains clubs blancs, et firent de ces chansons la bande-son de leurs virées en bagnoles surbaissées et aux suspensions hydrauliques insensées – les fameuses lowriders. À tel point que l’on parla, en Californie, de lowrider soul, avec des groupes hispaniques nommés Sunny & the Sunliners, The Premiers ou… Thee Midniters. C’est en hommage à ces derniers que Thee Sacred Souls arborent fièrement ce “Thee”. Finalement, on a affaire à un phénomène comparable à celui qui agita le nord de l’Angleterre dans les 70’s avec la Northern Soul. Mêmes disques mais public et réception différents. Inutile, toutefois, de se pointer en Chevrolet Impala ‘64 pour apprécier les morceaux de ce trio, sonnant comme ceux de Curtis Mayfield, Al Green ou Leon Bridges.



