Clara Ysé
Une voix libre
Ce fut une voix, et un frisson qui nous parcourut l’échine à l’écoute de Pyromanes, Souveraines ou Douce, extraits d’Oceano Nox, premier album qui ne laissait personne de marbre. C’est bien simple, on aime ou on déteste. Les reproches ? Trop Barbara, trop maniérée, trop empruntée, trop… Mais ne voir ou n’entendre en Clara Ysé que du “trop”, c’est peut-être faire fausse route, surtout au vu de son (court) parcours. Celui-ci débuta avec un EP joliment nommé Le Monde s’est dédoublé (2018), interprété en français, en anglais, en espagnol. Le souffle de cette chanteuse de formation lyrique évoquait alors moins Barbara que Catherine Ringer ou Fishbach. Depuis, la Parisienne a simplifié son art. Elle n’utilise plus que la langue de Molière et opte pour des orchestrations plus accrocheuses – la touche de Sage et de Renaud Letang n’y est sans doute pas étrangère. Reste un disque profondément personnel, inclassable, aux accents orientaux et médiévaux. On regrettera, peut-être, certaines tournures bien dans l’air du temps (cette satanée résilience, par exemple). Sur scène, soutenues par des chœurs sporadiques mais bien présents, ces chansons paraissent à la fois apprêtées et totalement désarmantes.



