The Libertines
Sur le retour
Résumer The Libertines ? Un premier essai anecdotique pour certains, historique pour d’autres, un deuxième bien plus fragile mais important, enregistré dans un climat délétère. En 2004, l’affaire était pliée. Depuis ? Pas grand-chose – deux albums dont on se fiche éperdument. Alors, pourquoi revoir les Libertines 20 ans plus tard ?
On pourrait faire la fine bouche. Et ricaner face au fameux tandem Doherty et Barât, jadis chats de gouttière efflanqués devenus quadras à peu près rangés. Position facile ? Mais plus légitime que celle qui consiste à se pâmer devant n’importe quelle vieille gloire ayant survécu aux excès – voir l’unanimité douteuse devant les Stones depuis 40 ans ou, plus récemment, face à The Cure. Au moins, The Libertines assument leur besoin de payer le loyer car, hormis Pete Doherty, nos hommes ne sont guère productifs. On n’a pas vu le groupe depuis un bail. Mais on garde un souvenir ému du concert rennais du Britannique, en septembre dernier. Seul avec sa guitare en bois, ce bon vieux Pitou entonnait des mélodies célestes et brinquebalantes d’une voix pas toujours en place. Approximatif, certes, mais foutredieu, c’était vivant ! Il était touchant ce zouave, ex-héros des années zéros devenu père de famille bedonnant sur les côtes normandes. Alors qu’il reprenait des standards des Libs, on comprit ce qui manquait : l’électricité des guitares, la solidité complice de la rythmique, l’osmose de deux voix. Pour toutes ces raisons, ni fine bouche, ni ricanements. Simplement le plaisir de retrouver ces chansons pleines et entières.



