Chien Blanc
La rage au ventre
Chien Blanc est un roman de Romain Gary écrit en 1969 durant son séjour aux États-Unis, en pleine lutte pour les droits civiques. Il raconte une expérience glaçante. L’auteur avait recueilli, avec son épouse Jean Seberg, un chien abandonné, qui se révèlera d’une incroyable férocité, car dressé pour tuer les Noirs… Anaïs Barbeau-Lavalette signe une adaptation forte, engagée, avec un Denis Ménochet impérial.
Il faut du courage pour se lancer dans une nouvelle adaptation de Chien blanc de Romain Gary, après le classique de Samuel Fuller, Dressé pour tuer (1982). Cette première transposition au cinéma rapportait l’histoire d’une comédienne découvrant que son chien avait été dressé pour tuer les Noirs. Dans sa version, Anaïs Barbeau-Lavalette réintroduit la part autobiographique du roman. Elle filme le délitement du couple formé par Jean Seberg et Romain Gary et leur amour pour leur fils Diego. Pour autant, ce film dépasse le simple biopic. Kacey Rohl et Denis Ménochet ressemblent assez peu à leurs modèles, car l’intérêt est ailleurs. Lors de leur rencontre, Anaïs Barbeau-Lavalette et Diego Gary ont découvert que Jean Seberg et la grand-mère de la réalisatrice, la plasticienne et poétesse Suzanne Meloche, toutes deux militantes pour les droits des Afro-Américains, s’étaient côtoyées. Le film se nourrit ainsi de l’histoire familiale de la cinéaste, tout en fustigeant le racisme. Plus d’un demi-siècle ans après les faits, rien n’a changé. La haine de l’autre se perpétue et Chien blanc reste cruellement d’actualité.
D’Anaïs Barbeau-Lavalette, avec Denis Ménochet, Kacey Rohl, K.C. Collins… Sortie le 22.05



