J’ai des doutes
Le maître-mot
François Morel a peut-être des doutes, mais il ne peut en nourrir aucun sur le succès de cet hommage à Raymond Devos. Fort de plusieurs centaines de représentations et couronné d’un Molière du meilleur comédien, il pose en avril ses valises pleines de calembours en Belgique. Un retour aux sources en quelque sorte, puisque Devos, disparu en 2006, est né à Mouscron. L’ex-Deschiens l’a découvert dans les années 1970 et fut marqué par l’habileté de « cet homme en apesanteur » à jongler avec les mots. Il reprend ici ses réflexions existentielles, redonne souffle à sa poésie, réinterprète ses sketches iconiques (de Caen à Mon chien, c’est quelqu’un, en passant par J’ai des doutes, donc) en y ajoutant ses propres lubies. Fidèle à la tradition du maître (jusqu’au nœud papillon !), c’est dans une mise en scène sobre et accompagné d’un pianiste que François Morel s’étonne et s’interroge. À la fois chanté et joué, ce spectacle va d’anecdotes farfelues en paradoxes insolubles (« Est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire le jour-même que nous l’éviterons ? »). Il nous transporte irrémédiablement vers ce fantastique pays qu’est l’absurdie – mais qui en doutait ?



