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Moteur, action !

La dernière fois que l’on vit Enzo Ferrari au cinéma, le constructeur automobile y était présenté comme un hybride de parrain mafieux, d’artiste idéaliste et de commerçant roublard. C’était dans Le Mans 66 (2019), réalisé par James Mangold et produit par un certain… Michael Mann. Ce dernier signe enfin “son” Ferrari.

Précisons avant toute chose qu’il ne s’agit pas d’un biopic : le récit se concentre sur l’année 1957. Ce projet germait depuis une trentaine d’années dans l’esprit de Michael Mann. Y infusent, une fois de plus, des thèmes chers au maître : la minutie de la technique, la quête d’un idéal, un solitaire pris dans un dilemme entre réussite professionnelle (son entreprise est au bord de la faillite) et personnelle (il est tiraillé entre sa maîtresse et son épouse). Délaissant la caméra numérique qu’il affectionnait ses dernières années, l’Américain renoue avec une esthétique d’autrefois, plongeant parfois ses personnages dans une lumière à la Caravage – oui, façon Le Parrain, de Coppola. On pourra gloser sur le choix des acteurs (la gravité surjouée et l’accent italien d’Adam Driver) mais l’essentiel est peut-être ailleurs. En soulignant l’exigence esthétique et technique du Commendatore, sa position d’outsider, mais aussi la vanité de cette geste (en course automobile, la mort est au coin du virage), Michael Mann signe finalement un autoportrait de cinéaste. Longtemps, la rumeur bruissa d’un Ferrari incarné par Robert De Niro et réalisé par Clint Eastwood. L’approche et le résultat auraient été bien différents.

Thibaut Allemand / Photo : © Lorenzo Sisti

De Michael Mann, avec Adam Driver, Penélope Cruz, Shailene Woodley, Sarah Gadon… Sortie le 08.03 (sur Prime Video et déjà en salle en Belgique)


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