Home Théâtre & Danse Le Grand Bain

En corps et encore

Boris Charmatz © Johanna Elisa Lemke

C’est l’un des grands rendez-vous de la danse contemporaine dans les Hauts-de-France. Pour sa onzième édition, le Grand Bain se déploie dans 15 communes de la région, de Dunkerque à Amiens, proposant une trentaine de spectacles issus des quatre coins du globe. Mais au-delà des chiffres, ce festival créé par le Gymnase de Roubaix est surtout affaire de partage, et d’émotion.

Le Grand Bain repose sur une parfaite alliance, entre illustres chorégraphes (Maguy Marin, Boris Charmatz, Anne Teresa De Keersmaeker) et artistes en pleine ascension. Aucun thème n’est ici imposé. Toutefois, un fil conducteur se dégage de ce cru 2024. « On distingue des grandes formes avec beaucoup d’interprètes sur le plateau », remarque Laurent Meheust, le directeur du Gymnase. À rebours de l’image élitiste que véhicule parfois la danse contemporaine, ces créations nous invitent ainsi « à faire corps commun », car cet art « est avant tout celui de la convergence ». Entre les disciplines, mais aussi les cultures.

L’essence de la fête

The House of Trouble, de Patricia Apergi, offre une bonne illustration de cet état d’esprit. Dans cette « explosive party », la chorégraphe grecque met en scène ces danses de rue symbolisant une résistance face à l’oppression, dès les années 1980, du krump au voguing. Sur une bande-son electro, la pièce célèbre la diversité et la culture club, lors d’une vibrante ode à l’humanité. Dans le même registre, on ne manquera pas non plus Via Injabulo. Au fil de ce diptyque endiablé, Amala Dianor et Marco da Silva Ferreira conjuguent hip-hop, pantsula et chants zoulous. En somme, une grande fête comme un hymne à la joie… qu’on prolongera en after, évidemment.


La preuve par trois

Grand jeté

(Silvia Gribaudi)

Le grand jeté est une figure phare du ballet classique, consistant à sauter dans les airs en réalisant le grand écart. C’est aussi une belle allégorie de la vie, un élan vers l’inconnu, sans savoir si l’on va bien atterrir… Dans cette pièce clownesque, Silvia Gribaudi détourne ce geste ô combien symbolique, et nous rappelle que tout ce qui s’élève finit par retomber !

>> Dunkerque, 19.03, Le Bateau Feu, 20h, 10€ // Valenciennes, 22.03, Le Phénix, 20h, 25 > 5€  // Creil, 28.03, La Faïencerie, 20h, 20/15€


Deux mille vingt trois

(Maguy Marin)

Le travail de Maguy Marin est profondément engagé. Dans sa nouvelle création, la Toulousaine dénonce frontalement l’emprise de l’argent sur le monde. Ici, elle fait danser les corps comme les noms, citant explicitement une foule de puissants (politiciens, chefs d’entreprise) qu’elle juge hérauts d’un « capitalisme perfide », tandis que des billets de banque défilent en fond de scène.

>> Roubaix, 09.04, La Condition Publique 20h, 10/5€


Exit Above

(Anne Teresa De Keersmaeker)

Anne Teresa De Keersmaeker s’inspire de la figure du bluesman Robert Johnson pour retracer l’histoire des musiques qui nous font avancer – les fameuses “walking songs”. Au fil de cette chorégraphie, la marche des interprètes s’enrichit de nouveaux pas empruntés au hip-hop ou à la house, établissant un dialogue subtil entre la musique et les corps.

>> Lille, 05 & 06.04, Opéra, ven : 20h • sam : 18h, 24 > 5€

Julien Damien / Photo : Boris Charmatz © Johanna Elisa Lemke
Informations
Divers lieux Hauts-de-France
19.03.2024>12.04.20241 spectacle : 26 > 5€ • Carnet à partager : 5€/place (dès 10 places)

Sélection / 19, 22 & 28.03 : Silvia Gribaudi – Grand jeté // 20.03 : Thomas Lebrun – Sous les fleurs // 23.03 : Christos Papadopoulous – Larsen C... // 27 & 28.03 : Pina Bausch & Boris Charmatz – Club amour // 29 & 30.03 : Patricia Apergi – The House of Trouble // 30 & 31.03 : Alessandro Sciarroni – Save the Last Dance For Me // 03.04 : Kaori Ito – Waré Mono… // 04 & 06.04 : Amala Dianor, Marco da Silva Ferreira, Via Katlehong – Via Injabulo // 05 & 06.04 : Anne Teresa De Keersmaeker, Meskerem Mees, Jean-Marie Aerts & Carlos Garbin – Exit Above // 09.04 : Maguy Marin – Deux mille vingt trois

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