Lloyd Cole
Un Héros très discret
Un crooner sur le retour ? Ce serait trop simple. Et faire fi des revirements et chemins nouveaux arpentés par Lloyd Cole en pas loin d’un demi-siècle de carrière. Revoici le Britannique sur scène pour un tour de chant rétrospectif… qui n’a rien à voir avec le vain best of tant redouté.
On ne vous fera pas l’affront de retracer les 40 ans de carrière de Lloyd Cole, depuis ses début entourés des Commotions (Are You Ready to Be Heartbroken ?, Forest Fire, Perfect Skin…) à l’échappée américaine durant les 90’s. Référence pour la jeune génération pop, notre homme aurait pu s’enfermer dans un rôle fait-main de crooner indie, flattant le quinqua et séduisant le jeune godelureau. Or, il n’en fut rien. Au tournant du siècle, le natif de Buxton a fait table rase du passé en s’acoquinant avec le vénérable Hans-Joachim Roedelius, légende krautrock puisqu’âme de Cluster et d’Harmonia. Un détour rétrofuturiste, en somme.
La balle au bond
Même s’il s’en défend aujourd’hui, ce golfeur émérite organise ses tournées en fonction de la proximité des parcours – pas très écolo, c’est vrai. Mais il faut bien s’occuper avant les balances, non ? Les greens du coin doivent être accueillants, car l’Anglais a récemment foulé nos terres avec un concert consacré à la période 1983-1996. L’occasion pour les nostalgiques de retrouver les tubes précités et un certain nombre de faces B. Cette fois, le dispositif est un chouïa différent. Il livre un premier set en solo et en acoustique, et un second où, entouré de Neil Clark et Blair Cowan (deux ex-Commotions), Cole revisite l’intégralité de son répertoire, de 1984 à nos jours. L’occasion de (re)découvrir les pièces electropop issues d’On Pain, album surprenant autant qu’enchanteur paru en juin dernier.



