Zona Franca
Expression libre
Biennale de Charleroi danseDepuis près de 10 ans, la compagnie brésilienne Suave propose ses pièces politiques aux accents urbains sur les grandes scènes d’Europe. La Biennale de Charleroi danse, comme le Tandem Arras-Douai, ne s’y sont pas trompés en programmant Zona Franca, qui célèbre le bonheur de créer, et surtout de résister.
En 2019 déjà, son Cria sensuel et fougueux nous avait séduits sans aucune réserve. La chorégraphe Alice Ripoll signe ici une troisième création avec sa troupe de danseurs magnifiques, dont certains issus des favelas de Rio. Écrite au moment du retour du président Lula au pouvoir, cette pièce porte les espoirs d’une jeunesse brésilienne en quête de changement. En tant que spectateurs, nous sommes d’ailleurs conviés à une fête. Les bières s’alignent sur une table, d’immenses ballons flottent au-dessus du plateau, et les 10 danseurs improvisent un bœuf, frappant sur un tom ou une conga. Mais quelque chose coince. Malgré les confettis et les paillettes, une douleur émane des sourires extatiques, des corps qui tressautent, twerkent ou puisent dans le passinho (dérivé du funk) et la samba. Sommes-nous dans un asile, une cour d’école, un anniversaire qui aurait mal tourné ? En enrichissant son travail de chant et de théâtre, Alice Ripoll ne craint pas de prendre les spectateurs à contre-pied. Tant mieux ! Elle dessine ainsi un espace de liberté absolue, enchaînant les tableaux sombres ou burlesques. Et fait jaillir la puissance émancipatrice de la danse.
+ Douai, 14.10, Hippodrome, 18h, 25 > 14€, tandem-arrasdouai.eu


![Planet [wanderer] © Rahi Rezvani](https://www.lm-magazine.com/wp-content/uploads/2023/10/biennale-de-charleroi-danse-25-300x200.jpg)

