Loraine James
Ombre et lumière
Débarquée du quartier d’Enfield, au nord de Londres, Loraine James n’a pas passé sa jeunesse dans les raves de la capitale. Elle a découvert les musiques électroniques tranquillement, dans sa chambre via The Postal Service, le side project electropop des rockeurs emo de Death Cab For Cutie. Une épiphanie qui la pousse à remonter le fil – l’IDM d’Aphex Twin, de Squarepusher, entre autres. Ses productions conjuguant futurisme et introspection mélancolique ont séduit le label Hyperdub. Pas un hasard : la maison est réputée pour son jusqu’au-boutisme sonore (une bass music radicale poussant le dub le plus intense et la techno la plus lourde dans leurs derniers retranchements) et sa précision théorique. À ce titre, Loraine James étonne et détone dans ce paysage « entre gris clair et gris foncé », pour citer un célèbre philosophe français. Elle n’en devient que plus précieuse, comme un îlot de fragilité au milieu d’une troupe de guerriers soniques.



