Kalika
Hyperpopstar
Évacuons d’emblée ses débuts dans la navrante émission Nouvelle Star. C’était en 2016 – une éternité. Aujourd’hui, à 25 ans, Kalika s’impose, à l’instar d’Eloi, comme une figure de l’hyperpop française. De son vrai nom Mia Rosello, la native d’Avignon a choisi ce pseudonyme en double référence à la déesse hindoue Kali et à Sara la Kali, sainte des Gitans, communauté où elle a grandi. La force de Kalika, passée par le conservatoire, réside dans les grands écarts (musicaux, thématiques) entre une langue volontiers crue et des sentiments mis à nu. Il faut jeter une oreille à Chaudasse, single féministe et bien vénère, qui jongle entre R&B et beats techno binaires. Ailleurs, l’enfance infuse Sarah et Stéphane, chronique poignante et autobiographique d’un couple dévasté par les violences conjugales – ses propres parents. Sur scène, celle qui semble surgie d’un manga (coupe déstructurée, maquillage outrancier, costumes improbables) devient véritable combattante (hyper)pop, et exorcise ses démons dans des merveilles qui laissent exsangue. La grande classe.



